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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 23:00

moi vivant jamais pauses leslie plee En novembre 2006, à Rennes, Leslie va voir un psychologue. Un an et demi auparavant, les choses s’annonçaient pourtant sous de meilleurs auspices.

 

Après avoir trouvé un appartement, elle décrochait son premier CDI pour être libraire. Las, ce n’était malheureusement pas dans une librairie de type LIR, mais plutôt dans une “grande surface culturelle”, de type F**C (mais non, FNAC ! pas l’autre mot ;-).

 

Après des débuts difficiles dans un entrepôt pour préparer l’ouverture du magasin, la suite n’est malheureusement pas plus rose. Entre les chefs manipulateurs, les clients mécontents, les collègues déprimées, les conditions de travail frisant la folie… Leslie va se poser des questions sur sa situation…

 

*****

 

Aïe, aïe, aïe, on plaint vraiment l’auteure de cette bande dessinée, qui semble vraiment avoir vécu cette histoire.

 

Elle la raconte avec beaucoup de talent, faisant ressortir avec beaucoup d’humour toutes les galères qu’elle a vécu dans ces endroits où l’on est censé découvrir des objets culturels mais qui n’est finalement qu’un lieu de vente. Avec un maître-mot : faire du chiffre.

 

Ajoutez à cela un management, très bizarre, qui parfois frôle le harcèlement moral. Sans compter sur l’incompétence de certains chefs, formés à la vente plus qu’à la culture.

 

L’exemple qui illustre bien ces deux points est celui où un responsable, constatant que Freud ne se vend pas, voudrait le retirer du rayon psycho !

 

Il est aussi un autre sujet, abordé par l’auteure, et sur lequel je me retrouve beaucoup : le public (client chez elle, usager chez moi).

 

Celui-ci est notre raison de vivre (et c’est à peine exagéré). Mais il arrive parfois avec des questions qui nous font douter. Par exemple :

 

Couvertures

 

Question décalée, mais à laquelle il faut répondre. Après tout, si ces personnes vont dans ces “grandes surfaces de la culture”, c’est soit qu’elles n’ont rien de mieux à côté, soit que les petites librairies les effraient. Après tout, quand on n’est pas familiarisé avec le libraire, il peut être angoissant d’aller dans un espace qui est rempli, rencontré un libraire qui a lu plus de livres de la rentrée littéraire que vous en avez lus pendant les dix dernières années.

 

La chance en bibliothèque, c’est que nous pouvons les orienter vers d’autres ouvrages moins commerciaux. Et la mamie d’en haut repartira peut-être avec un bel album de Ponti. Alors que la pauvre Leslie, elle, n’avait pas cette chance. Et ça, c’est bien dommage.

 

Bon, je m’éloigne un peu du sujet. Mais tout ça pour dire que c’est une BD à découvrir, car elle faire rire et réfléchir.

 

Les avis d’Emeraude (où l'on apprend que l'enseigne est Cultura), de Jean-François et Laure.

 

Le blog de Leslie Plée.

 

Moi vivant, vous n’aurez jamais de pauses : ou comment j’ai cru devenir libraire / Leslie Plée. – Jean-Claude Gawsewitch,, 2009.

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commentaires

faelys 30/12/2010 12:31



je viens de le finir et j'ai passé un bon moment! j'imagine que ce n'est pas généralisé mais assez répandu comme situation finalement...



Canel 03/10/2009 10:31


J'ai adoré cette BD, d'autant que j'ai identifié le magasin dont il s'agit, nous y allons de façon incontournable quand nous sommes de passage à Rennes (= souvent) ! je ne me suis pas reconnue
dans les clients désagréables, ouf !  
Ca a un peu brisé mon rêve d'abandonner mon boulot actuel pour travailler en librairie, c'est sûr !!


Reno 04/10/2009 18:27


@ Canel : C'est vrai que ça doit donner une autre image de ce magasin. Pour les clients désagréables, c'est plus marrant de parler d'eux que de ceux qui sont sympas
Et c'est sûr que libraire, c'est pas un boulot très très facile. Il faut avoir la chance de pouvoir choisir son lieu de travail.