Vendredi 28 novembre 2008
5
28
/11
/2008
09:00
Le 17 novembre 2008 a eu lieu à l'Opéra Bastille une représentation de la Flûte Enchantée de Mozart (1756-1791).
Cette oeuvre, en deux actes, est la dernière à avoir été représentée du vivant du compositeur. Basée sur un livret d'Emanuel Schikaneder, il s'agit d'un
singspiel. Ce genre, proche de l'opéra et de l'opérette, est un drame musical où des dialogues parlés sont entrecoupés de chansons.
L'argument est assez compliqué à résumer.
Le prince Tamino, perdu dans un pays inconnu, est poursuivi par un énorme serpent. Il s'évanouit. Surviennent alors trois femmes, qui terrassent l'animal. Puis
elles courent prévenir leur maîtresse.
Pendant ce temps, Tamino reprend ses esprits. Il se retrouve face à un drôle de personnage : Papageno l'oiseleur. Le prince pense d'abord qu'il s'agit de son
sauveur, ce que Papageno se garde bien de démentir.
Il sera puni par les trois femmes, qui reviennent accompagnée de la Reine de la Nuit. Celle-ci demande à Tamino de partir à la recherche de sa fille, enlevée par
Sarastro.
Tamino, tombée amoureux, accepte. Pour l'aider, la Reine de la Nuit lui offre une flûte enchantée, qui pourra l'aider à surmonter les dangers. Elle envoie également
Papageno à ses côtés...
Pour ne pas surcharger ce billet, je m'arrête ici. Mais vous pouvez connaître la suite sur l'article de
La Flûte Enchantée (Die Zauberflöte en allemand) de Wikipédia.
Pour me préparer à la représentation,
j'ai écouté la version dirigée par Karl Böhm, une des versions de référence.
D'après le livret, le chef d'orchestre a choisi un tempo permettant une bonne articulation du texte. On sent en effet qu'il retient le tempo. Les chants sont alors
très clairs et parfaitement compréhensible (pour les germanophones mais sinon, on s'en sort avec le livret).
Il faut dire aussi que cette version enregistrée en studio en 1964 a bénéficié d'un casting de rêve : Fritz Wunderlich pour le rôle de Tamino, Evelyn Lear pour
Pamina, Dietrich Fischer-Dieskau pour Papageno... le tout accompagné par le Berliner Philharmoniker.
Il s'agit donc d'une excellent version pour découvrir ce singspiel.
En ce qui concerne la version de l'Opéra Bastille, eh bien elle est plus déconcertante, notamment du fait de la mise en scène réalisée par La Fura dels Baus. Très très moderne, elle est à la fois inventive et déconcertante.
Inventive, car des gros matelas gonflables forment le gros du décor. Empilés pour former un montagne, dressés pour représenter des murs... ils jouent plusieurs
rôles, pas toujours identifiables. Des images projetées sont également très présentes : le serpent du début est ainsi représenté. Par contre, on se demande parfois à quoi correspondent les mots
qui circulent sur le fond ou le sol. Quant aux costumes, ils ont au moins le mérite de permettre une bonne différenciation entre les différents personnages.
Déconcertante, car toujours en mouvement. Pas facile de se concentrer sur les dialogues ou les chants quand les matelas se lèvent, glissent ou se dégonflent. Il me
semble d'ailleur que cette version a été citée dans un article du Monde de la Musique portant sur la Mal-Scène (désolé mais je n'ai
pas retrouvé les références : si quelqu'un les trouve, elles sont les bienvenues).
J'avais vu cette version il y a deux ans et j'ai été agréablement surpris. En effet, la première fois, les dialogues avaient été remplacés par des textes insipides
et incompréhensibles lus par des acteurs. Le récit devenait alors incompréhensible.
Les dialogues ont cette fois été rétablis. Les chanteurs s'en sont d'ailleurs bien tirés, tirant des rires de la salle.
Parlons justement des interprètes. Malgré un début que j'ai trouvé un peu difficile, ils ont tous été fantastiques. Mais deux m'ont particulièrement
touché.
La Reine de la Nuit d'abord, interprétée par Erika Miklosa, nous a offert une remarquable prestation, notamment dans ce passage si connu "Der Hölle Rache kocht in
meinem Herzen".
Quant à Pamina, interprétée par Maria Bengtsson, sa voix pure m'a séduit. J'en suis tombé amoureux ;-) Heureux Pamino !
Quant à l'Orchestre de l'Opéra National de Paris, il n'a pas la retenue d'un Karl Böhm mais, pour moi, il avait une bonne tenue. Avis non partagé par l'ensemble de
la salle qui a sifflé plus fort au moment du salut du chef d'orchestre (Thomas Hengelbrock).
En conclusion, La Flûte Enchantée est un très bonne pièce pour une première approche de l'opéra, mais peut-être pas avec cette mise en scène.
Derniers Commentaires