Opéras

Jeudi 1 octobre 2009 4 01 /10 /2009 00:00

elixir_amour

L'opéra Bastille accueille du 10 au 25 octobre la reprise de L'élixir d'amour de Donizetti dans la mise en scène de Laurent Pelly. Il est possible d'en visionner un extrait sur le site de l'Opéra de Paris.

J'en profite pour remettre ici l'article paru sur Kidélire en 2007.

 

Tout d'abord, signalons les superbes décors de Chantal Thomas qui situe l'action dans la campagne italienne des années 50-60. Ils sont tout simplement superbes et extrêmement bien réalisés. La perspective donne une impression de profondeur et de réalisme saisisants. De plus, de nombreux éléments (dont un vrai chien) ajoutent au comique de la pièce et permettent une mise en scène très originale.

 

Celle-ci souligne l'humour de cet opéra de Donizetti. Pour résumer l'intrigue, le jeune et benêt Nemorino se pâme d'amour pour la belle Adina. Mais celle-ci rêve d'indépendance et de lectures et est courtisée assidûment par le sergent Belcore.

C'est alors qu'arrive en ville Dulcamara, un charlatan proposant une boisson miracle. Nemorino lui demande s'il possède un filtre d'amour. Dulcamara lui vend une bouteille contenant en fait du Bordeau. Malgré cela, cette boisson aidera Nemorino à séduire Aldina...

 

La voix des chanteurs et la musique de l'orchestre m'ont littéralement transportées. J'ai surtout adoré la voix fantastique de Désirée Rancatore, qui incarne parfaitement Adina, avec puissance et justesse. Laurent Naouri m'a fait beaucoup rire, en interprétant avec beaucoup de bouffonneries ce rôle d'homme trop sûr de lui. J'avoue que pendant l'air "una furtiva lagrima" interprété par Dmitry Korchak, j'ai été beaucoup plus intrigué par les étoiles descendues du plafond. Mais toute la salle l'a applaudi.

 

Bref, un très bon moment pour un néophyte musical comme moi.

 

Pour des analyses plus poussées, il y a un article sur ConcertoNet et un sur Formalhaut.

 

L'Elixir d'amour : melodramma giocoso en deux actes de Gaetano Donizetti.

Avec Désirée Rancatore (Adina) ; Dmitry Korchak (Nemorino) ; Laurent Naouri (Belcore) ; Ambrogio Maestri (Dulcamara) ; Evelino Pido, direction musicale ; Orchestre et Choeur de l'Opéra de Paris.

Par Reno - Publié dans : Opéras
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Vendredi 28 novembre 2008 5 28 /11 /2008 09:00

 

 

Le 17 novembre 2008 a eu lieu à l'Opéra Bastille une représentation de la Flûte Enchantée de Mozart (1756-1791).

 

Cette oeuvre, en deux actes, est la dernière à avoir été représentée du vivant du compositeur. Basée sur un livret d'Emanuel Schikaneder, il s'agit d'un singspiel. Ce genre, proche de l'opéra et de l'opérette, est un drame musical où des dialogues parlés sont entrecoupés de chansons.


L'argument est assez compliqué à résumer.

Le prince Tamino, perdu dans un pays inconnu, est poursuivi par un énorme serpent. Il s'évanouit. Surviennent alors trois femmes, qui terrassent l'animal. Puis elles courent prévenir leur maîtresse.

Pendant ce temps, Tamino reprend ses esprits. Il se retrouve face à un drôle de personnage : Papageno l'oiseleur. Le prince pense d'abord qu'il s'agit de son sauveur, ce que Papageno se garde bien de démentir.

Il sera puni par les trois femmes, qui reviennent accompagnée de la Reine de la Nuit. Celle-ci demande à Tamino de partir à la recherche de sa fille, enlevée par Sarastro.

Tamino, tombée amoureux, accepte. Pour l'aider, la Reine de la Nuit lui offre une flûte enchantée, qui pourra l'aider à surmonter les dangers. Elle envoie également Papageno à ses côtés...


Pour ne pas surcharger ce billet, je m'arrête ici. Mais vous pouvez connaître la suite sur l'article de La Flûte Enchantée (Die Zauberflöte en allemand) de Wikipédia.


Pour me préparer à la représentation, j'ai écouté la version dirigée par Karl Böhm, une des versions de référence.

D'après le livret, le chef d'orchestre a choisi un tempo permettant une bonne articulation du texte. On sent en effet qu'il retient le tempo. Les chants sont alors très clairs et parfaitement compréhensible (pour les germanophones mais sinon, on s'en sort avec le livret).

Il faut dire aussi que cette version enregistrée en studio en 1964 a bénéficié d'un casting de rêve : Fritz Wunderlich pour le rôle de Tamino, Evelyn Lear pour Pamina, Dietrich Fischer-Dieskau pour Papageno... le tout accompagné par le Berliner Philharmoniker.

Il s'agit donc d'une excellent version pour découvrir ce singspiel.


En ce qui concerne la version de l'Opéra Bastille, eh bien elle est plus déconcertante, notamment du fait de la mise en scène réalisée par La Fura dels Baus. Très très moderne, elle est à la fois inventive et déconcertante.

Inventive, car des gros matelas gonflables forment le gros du décor. Empilés pour former un montagne, dressés pour représenter des murs... ils jouent plusieurs rôles, pas toujours identifiables. Des images projetées sont également très présentes : le serpent du début est ainsi représenté. Par contre, on se demande parfois à quoi correspondent les mots qui circulent sur le fond ou le sol. Quant aux costumes, ils ont au moins le mérite de permettre une bonne différenciation entre les différents personnages.

Déconcertante, car toujours en mouvement. Pas facile de se concentrer sur les dialogues ou les chants quand les matelas se lèvent, glissent ou se dégonflent. Il me semble d'ailleur que cette version a été citée dans un article du Monde de la Musique portant sur la Mal-Scène (désolé mais je n'ai pas retrouvé les références : si quelqu'un les trouve, elles sont les bienvenues).



J'avais vu cette version il y a deux ans et j'ai été agréablement surpris. En effet, la première fois, les dialogues avaient été remplacés par des textes insipides et incompréhensibles lus par des acteurs. Le récit devenait alors incompréhensible.

Les dialogues ont cette fois été rétablis. Les chanteurs s'en sont d'ailleurs bien tirés, tirant des rires de la salle.


Parlons justement des interprètes. Malgré un début que j'ai trouvé un peu difficile, ils ont tous été fantastiques. Mais deux m'ont particulièrement touché.

La Reine de la Nuit d'abord, interprétée par Erika Miklosa, nous a offert une remarquable prestation, notamment dans ce passage si connu "Der Hölle Rache kocht in meinem Herzen".

Quant à Pamina, interprétée par Maria Bengtsson, sa voix pure m'a séduit. J'en suis tombé amoureux ;-) Heureux Pamino !

Quant à l'Orchestre de l'Opéra National de Paris, il n'a pas la retenue d'un Karl Böhm mais, pour moi, il avait une bonne tenue. Avis non partagé par l'ensemble de la salle qui a sifflé plus fort au moment du salut du chef d'orchestre (Thomas Hengelbrock).


En conclusion, La Flûte Enchantée est un très bonne pièce pour une première approche de l'opéra, mais peut-être pas avec cette mise en scène.

Par Reno - Publié dans : Opéras
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Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /2008 22:15

Être jeune, c'est quand même sympa. L'Opéra National de Paris propose pour les moins de 28 ans une formule très intéressante : 4 spectacles pour 90 euros. Autant vous dire que j'ai sauté sur l'occasion.

Le dernier spectacle avait lieu le 20 juin à l'Opéra Bastille. Il s'agit de Louise de Gustave Charpentier. Le site Internet de l'Opéra National de Paris met à disposition des informations très intéressantes sur l'oeuvre et son compositeur. On y apprend notamment que Gustave Charpentier est né en 1860 et est décédé en 1956. Louise a été créé le 2 février à l'Opéra Comique et a été un des opéras les plus joués dans la première moitié du XXème siècle.

L'argument est très simple. Louise est une jeune fille aux parents sévères. Malgré leur surveillance, elle est tombée amoureuse de son voisin, Julien, un poète. Et cet amour est bien sûr réciproque. Julien la supplie de partir avec lui. Louise résiste, persuadée que son départ blessera ses parents. L'amour sera plus fort. Louise découvre alors une vie remplie de bonheur et de liberté qu'elle ne soupçonnait pas. Un jour pourtant, elle acceptera de retourner chez ses parents, son père dépérissant depuis son départ...

L'Orchestre de l'Opéra National de Paris, dirigé par Patrick Davin, était excellent. L'interprétation, toute en finesse, m'a transporté. Les chanteurs n'étaient pas en reste. Mireille Delunsch (Louise) et Gregory Kunde (Julien) ont rivalisé de virtuosité. Mais ils se sont presque fait voler la vedette par les Choeurs de l'Opéra National de Paris, qui ont réussi à créer des passages extrêmement vivants. Le seul petit regret est que, étant au fond du premier balcon, le son étant moins enveloppant, moins chaud, qu'au second balcon et que la musique couvrait parfois les chanteurs.

Cet opéra vaut également pour ces décors et sa mise en scène. Du métro à une salle de bal, en passant par les toits de Paris (voir photo), aucun détail n'a été laissé au hasard dans ces superbes reproductions. Quant à la mise en scène de André Engel, elle fourmille de détails, tel la robe de Louise, qui passe du blanc au rouge après qu'elle se soit donnée à Julien, ou l'appartement des parents de Louise qui semble petit et fermé comparé aux toits ouverts sur le ciel.

Cet hymne à l'amour mérite le détour.

Par Reno - Publié dans : Opéras
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