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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 09:55

peine-maximale-anne-vantal.gifTrois jours.

 

Cette histoire se déroule sur trois jours seulement. Durant ce temps, Kolia et sa jeune sœur Léna vont être jugés. Le jeune homme a commis l’irréparable : il a tenté de voler un homme et sa femme et a fini par enlever leur bébé.


Arrêté, sa sœur accusée de complicité, ils se retrouvent maintenant devant cette cours qui va décider de leur avenir.
Mais tous ceux qui les entourent lors de ce procès, sont aussi des êtres avec une vie : avocats, victimes, jurés, juges…

 

Tous ont des sentiments et doivent faire leur devoir : en trois jours, se forger une conviction et prononcer un verdict.

*****

 

Je ne sais comment le dire autrement : ce livre est un chef d’œuvre ! Les romans d'Anne Vantal me laissent rarement indifférent (Un été outremer, Le maître des vecteurs). Mais celui-ci est tellement fin et subtil qu'il me marquera longtemps.

Dans la forme, il s’agit d’un roman choral, où chaque chapitre correspond aux pensées d’un personnage. Nous suivons ainsi ce que chacun peut ressentir, ce dont il se souvient, comment il est arrivé là où il est, comment il voit ce qui lui arrive. Malgré leur nombre importants, les personnages acquièrent ainsi une véritable personnalité, épaisse et saisissante de réalisme.

Sur le fond, Anne Vantal nous entraîne durant trois jours dans un procès d’assises. L’auteure le fait d’une manière intelligente et sensible, rendant son livre intéressant sous différents aspects.

Tout d’abord, il nous permet de nous éloigner des clichés sur le système judiciaire issus des séries télévisées américaines. On retrouve toutes les étapes de ce type de procès, de la sélection des jurés, à leur délibération. J’y ai personnellement appris plusieurs éléments, dont la manière de décider de la peine d’un accusé.

Ensuite, il permet de voir que même si la justice a mis en place des procédures bien établies, les hommes et les femmes qui y participent, ses « rouages », restent des êtres humains, soumis à des émotions et des envies. Même si chacun d’entre eux essaient de jouer leur rôle, ils ne peuvent totalement faire fi de leurs sentiments et de leurs ressentis envers les autres. Ainsi le juge sera-t-il plus indulgent que l'avocat général.

Enfin, il y a les jurés. Nous suivons les pensées de chacun. Et, comme nous suivons le même chemin qu’eux, ils nous offrent un miroir de comment nous, lecteurs, pourrions réagir dans la même situation. Celle qui résume le mieux ce que l’on peut penser est Karine, une des jurés :

 

« Kolia retournera en prison, bien sûr, mais pour combien de temps ? Cinq, dix , vingt ans ? Cela ressemble à un jeu sadique dont elle inventerait à mesure les règles. Karine n’est pas une femme sadique. C’est une mère de famille consciencieuse, une infirmière dévouée. Un être qui croit aux bienfaits de l’amour et de la gentillesse. Elle n’est pas certaine de vouloir se transformer en juge. »

 

L'avis d'Esmeraldae.

 

A partir de 15 ans.

Peine maximale / Anne Vantal. – Actes Sud junior, 2010. – Collection Romans ado.

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 18:48

Bonjour à tous,

 

Ayant eu beaucoup de chance, j'ai pu rentrer hier de Chine, un peu plus tardivement que prévu. Toutefois, ce retard se compte en heures, alors que pour certains il se compte en jours. Je suis passé au travers des cendres, et pense fort à ceux qui sont encore bloqués. Comme quoi, on ne consulte jamais assez l'activité volcanique avant de partir en vacances

 

En attendant, le voyage a été très bon et très beau. Il y aura un article avec des photos, probablement la semaine prochaine, le temps de faire du tri dans tous les clichés. Vraiment, la Chine est un grand coup de coeur.

 

Pour patienter, voici deux photos, prises avec mon portable, d'où la qualité moyenne.

 

Photo006

 

Là, ce sont les plus grandes marionnettes du monde, réalisées pour les JO de 2008. Elles sont aujourd'hui à Xi'an, sur le site où se trouvent l'armée de soldats en terre cuite.

 

Photo003.jpg

 

Ici, c'est un paysage aperçu lors d'une croisière près de la ville de Guilin.

 

Il y en aura d'autres. J'accompagnerai ce compte-rendu de voyage d'un bref article sur les bibliothèques chinoises que j'ai pues voir.

 

Durant ce voyage, j'avais emporté de la lecture. Il s'agit de la trilogie d'Hervé Jubert, mettant en scène la sorcière Roberta Morgensten et le jeune sorcier Clément Martineau. Les deux premiers volumes m'ont vraiment plu, et je suis encore plongé dans le troisième.

 

Photo000.jpg

 

Il faut d'ailleurs que je me dépêche, car le travail a déjà repris. Et pour la fin de la semaine prochaine, il me faut lire les livres d'un comité de lecture de bibliothécaires (je n'en avais heureusement pas pris beaucoup, et plutôt des petits).

 

Photo003.jpg

 

Il faudra ajouter à ceux-là les deux deux prévus pour le club de lecture jeunesse que j'anime (Hermux Tantamocq et Maître Wen).

 

Pour garder encore un peu contact avec la Chine, je me suis cependant fait un petit plaisir (de 25 yuans, soit environ 3 euros. La littérature en Chine n'est pas très chère pour les Européens). Je pensais qu'il s'agissait d'un manga, mais c'est en fait un roman (le livre était sous film plastique). C'est quand même un joli souvenir, qui en plus est accompagné d'un calendrier-marque page. S'il y a quelqu'un qui peut me le traduire, ça sera avec grand plaisir !

 

Photo002.jpg

 

Si le décalage horaire ne se fait pas trop sentir, j'essaierai de reprendre la publication d'articles d'ici demain ou après-demain. D'autant qu'avant de partir, j'avais lu quelques titres très intéressants !

 

A bientôt !!

 

 

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 19:53

Bonjour,

 

Juste un petit

4498277564_518c51392d.jpg(mot)

 

pour vous dire que Blabla Bibli va être en pause pendant 15 jours.

 

Je vais prendre

4499185973_bb7e785fbd.jpg(l'avion)

 

pour aller en

chine_drapeau.jpg(Chine) !

 

C'est un circuit découvert, qui permet de visiter

4500714078_95f6d6b8b3.jpg(Hong Kong)

4311451066_466df908c4.jpg

(Shangaï)

4488203163_7fc8e073ba.jpg(Pékin)

 

ainsi que plein d'autres lieux et de monuments.

 

D'ici là, je vous souhaite un beau

4500542778_88e6275e5e.jpg(printemps)

 

et plein de

4499580658_d0ca2a419f.jpg(belles lectures) !

 

A bientôt !

 

 

 

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 19:01

100-Bullets.jpgQuand le collègue m'a mis cette BD dans les mains, j'avoue ne pas avoir été emballé. Je lis trop de BD en ce moment, alors que plein de romans m'attendent. Et pourtant, je crois que je ne le remercierai jamais assez pour m'avoir permis de découvrir ce titre.

100 Bullets regroupe plusieurs histoires, dont le début est toujours le même. Une personne victime d'une injustice voit un jour débarquer un homme qui prétend être du gouvernement. Il leur amène une valise, contenant le nom de leur bourreau, les preuves l'accusant et 100 balles de revolver totalement inidentifiables. Si la personne décide de se faire vengeance, elle sera entièrement couverte par cet homme et son département.
Pour les personnages que nous suivons, c'est alors le début d'un long dilemme, qui les oblige à remonter dans leur passé. Chacun doit y affronter ses démons pour savoir s'il aura le cran de découvrir toute la vérité et d'aller jusqu'au bout de leurs actes en appuyant sur la détente.

Ce premier volume regroupe trois récits. Dans le premier, une jeune femme qui sort de prison découvrira qui a tué son mari et son fils pendant sa détention. Dans le second, un homme accusé à tort de pédophilie apprendra qui est à l'origine de sa disgrâce. Le troisième, plus court, est légèrement différent : une vieille femme noire vient au commissariat pour s'accuser du meurtre d'un notable.

Autant vous dire que c'est sombre et violent, aussi bien dans le scénario que dans l'illustration. Concernant le dessin, les traits sont fins, presque effacés et les couleurs plutôt foncées, sauf le sang versé. Cela crée une ambiance très particulière, qui convient parfaitement à l'univers urbain dans lequel vivent les personnages. Car on descend profondément dans les bas-fonds des quartiers des grandes villes américaines et dans ceux de l'âme humaine. Et pour y survivre, il faut être le plus fort.

Le scénario, quant à lui, nous pousse à nous interroger. Si l'on pouvait punir en toute impunité ceux qui nous ont fait du mal, est-ce que ce serait bien ? Car de toute façon, ce que nous chérissions a disparu, et rien ne pourra le remplacer...

Maintenant que cette série m'a accroché, hors de question de m'arrêter maintenant. Et pourtant, je suis prévenu : il paraît que la suite est encore plus sombre.

 

100-bullets.jpg

 

100 bullets, volume 1 : première salve / scénario de Brian Azzarello ; ill. de Eduardo Risso. - DC Comics, Panini Comics, 2009.

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 20:27

caulfield-sortie-interdite.JPGKlaus arrive dans son nouveau lycée, celui où sa mère sera CPE. Cet adolescent se voit comme un looser, avec ses cheveux frisés, son corps en forme de poire et son visage qui rougit à la moindre émotion.

 

Il essaie bien dès les premiers jours de se rapprocher de Sturla, un de ces camarades de classe. Mais celui-ci le décourage rapidement. Juste après cette conversation, Sturla meurt dans un accident de métro. Klaus, qui le suivait de loin, se retrouve ainsi en possession de son anorak, son vélo et une clé USB contenant son journal. Il découvre ainsi que Sturla se sentait menacé.

 

Intrigué par ce journal, choqué par une mort aussi violente, Klaus va vouloir découvrir à tout prix la vérité. Il veut surtout savoir qui est-ce mystérieux Caulfield, auquel le ramène les pistes qu’il explore.

 

Autour de Klaus, les comportements de ses autres camarades sont à la fois étranges et ambigus. Liv, la plus belle fille de la classe et petite amie de Sturla, se rapproche beaucoup de lui. Stig, garçon populaire, lui parle, lui prête des vêtements et passe même dormir chez lui…

 

Mais ce que Klaus ignore, c’est que plus il se rapproche de la vérité, plus le piège qui lui est tendu risque de se refermer sur lui…

 

*****

 

Il est très difficile de résumer ce livre sans le dénaturer. L’auteur a réussi à créer une atmosphère étrange, glaçante et presque malsaine, en situant son action dans des endroits glauques, froids et souvent vandalisés.


Il nous offre un polars psychologique très bien monté (il n’y a pas beaucoup d’action), où tout se joue dans les relations entre les individus, les manipulations et les non-dits. La lecture est ainsi très étrange, et on avance à vue avec Klaus.


Pour ceux qui s’interrogent, l’auteur fait référence à J. D. Salinger et à son personnage Holden Caulfield dans l’Attrape-cœurs.

 

Personnellement, j'ai bien aimé ce polars psychologique. Cependant, bien qu'il paraisse dans une collection pour les ados, je ne le conseillerai pas à tout le monde. Il plaira bien aux amateurs de ce genre.

 

Gaëlle a un avis proche du mien. Elle parle également de la fin du livre, qui m'a également marqué. C'est un livre qui nécessite une médiation auprès des jeunes.

 

Caulfield : sortie interdite / Harald Rosenløw Eeg ; trad. du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud. - T. Magnier, 2009. - Collection Grand format.

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 19:50

golem-1magic-berber--murail.gifgolem-2-joke-murail.jpgL'histoire commence dans la classe des 5e6, là où sont réunis quelques uns des personnages principaux. Il y a d'abord Jean-Hugues de Molenne, le prof de français. Ce jeune homme a bien du mal à se faire respecter dans le collège de cette zone dite "sensible". Il y a aussi Samir, le caïd et perturbateur, qui cache une vie familiale désastreuse et une petite soeur handicapée. Enfin, il y a Majid, qui vient de gagner un ordinateur tout neuf grâce aux 3 Baudets.

Car cet ordinateur va être le début d'une drôle d'aventure. Tout d'abord, un drôle de jeu y est stocké. Il va se répandre dans le PC de Jean-Hugues, qui a accepté d'enseigner à Majid comment fonctionne l'informatique. Tout deux vont être pris par ce jeu extraordinaire qui s'appelle "Golem". Chacun à leur tour, ils vont se plonger dans l'aventure qui leur est offerte, affrontant les épreuves au péril de la vie du guerrier qu'ils dirigent. Jusqu'à arriver à la dernière épreuve qui, une fois résolue, leur permet de créer leur golem.

Mais avec l'arrivée de ce jeu mystérieux, apparaissent aussi désagréments et drôles d'évènements. Un petit fantôme indomptable, surnommé Joke par Jean-Hugues, apparaît sur les PC des joueurs. Des drôles de livreurs veulent récupérer le PC de Majid. Les caves de la Cité des 400 abritent un drôle d'habitants. Des fumées et des odeurs de brûlé vont et viennent. Et puis tout le monde, enfants et adultes, se passionnent pour la pâte à prout...


*****

 

Décidément, les Murail sont une sacrée famille. Si Tristan a fait carrière en tant que compositeur, les trois plus jeunes se sont mis à l'écriture. Il y a d'abord Marie-Aude, dont les romans me plaisent toujours autant ; Elvire, plus connue sous le nom de Moka, qui m'a enchanté avec plusieurs de ses titres ; et puis il y a Lorris, que je connais moins mais que j'ai très envie de découvrir. Tous ont déjà publié plusieurs livres qui ont été remarqués. Avec Golem, ils ont choisi d'écrire à 6 mains.

Le résumé ci-dessus concerne les deux premiers volumes, sur les 5 parus. J'espère ne pas en avoir trop dit, mais l'histoire devient vite dense et prenante, ce qui la rend difficile à résumer. Elle s'appuie sur la légende juive du Golem, cet être d'argile à qui l'on donne la vie en écrivant "Emet" (vérité en hébreu) sur son front.

Pour ma part, j'ai bien envie de découvrir la suite, car les questions soulevées sont nombreuses et n'ont pas encore de réponses. La construction du récit est cependant très bonne. Si chaque héros vit ses actions plus ou moins indépendamment des autres, je me plais à imaginer que les voies qu'ils suivent vont bientôt se rejoindre. Et là, j'ai hâte de connaître les explications.

Pour ceux qui connaissent bien ces 3 auteurs, le but est aussi de rechercher quelles parties et quelles idées sont les leurs. Il faut bien sûr bien connaître leurs oeuvres et leur style. Pour ma part, j'ai l'impression que Jean-Hugues pourrait avoir bien être né dans l'esprit de Marie-Aude Murail. Mais rien n'est sûr car je ne sais pas comment ils ont travaillé.

Un petit mot sur le lieu de l'aventure. La majorité des évènements se déroulent dans un quartier de banlieue, au milieu des tours. Cependant, il ne s'agit pas d'un texte dénonçant la situation difficile des zones urbaines délaissées. Les personnages qui vivent sont toutefois présentés de manière sympathique et absolument manichéenne. Les auteurs font passer des messages de tolérance invitant à aller au-delà des préjugés. Ceux qui font preuve de racisme et d'intolérance sont largement ridiculisés dans le texte.

Un tout petit bémol toutefois. Golem est une aventure basée sur l'informatique. Et dans ce domaine, les technologies évoluent bien vite. Alors évidemment, on tique parfois devant des termes ou des usages qui ont disparu ou qui ont été remplacés par d'autres outils, bien que la plupart restent d'actualité (comme le fait d'avoir des surnoms et des avatars). Ca n'enlève la vivacité du récit, mais il vieillit un peu le texte. Une nouvelle édition venant de sortir, peut-être que le texte a été mis au goût du jour, comme Marie-Aude Murail l'a fait pour sa série Emilien à l'Ecole des Loisirs.

Dans tous les cas, à moi le tome 3 et les suivants !!!

 

A partir de 10 ans.

 

Golem, volume 1 : Magic Berber / Elvis, Lorris et Marie-Aude Murail. - Pocket jeunesse, 2002.
Golem, volume 2 : Joke / Elvis, Lorris et Marie-Aude Murail. - Pocket jeunesse, 2002.

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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 20:32
silence-on-irradie-christophe-leon.jpgSven, sa petite sœur Siloé et leurs parents vivent près d’une centrale nucléaire. C’est elle qui fait vivre les habitants du village d’à côté.

La sécurité ne semble cependant pas optimale. Par exemple, Sven nage tout les jours dans un lac, où la baignade est censée être interdite. Mais l’eau est chaude et le garçon adore ça. Un beau jour, il perdra ses cheveux d’un coup, en une nuit. Et ils mettront du temps à repousser.

Un jour, la catastrophe arrive : la centrale explose. Siloé et Sven survivent par chance. Effrayés par les secours, ils se cacheront d’eux. Ce n’est qu’apèrs leur départ que les enfants rencontreront le troisième survivant, un handicapé mental léger. De tout le village, ils sont les seuls à être encore en vie.

Cependant, à l’extérieur aussi, on se pose des questions. L’Etat ne donne aucune information et ceux qui veulent témoigner disparaissent rapidement. Deux personnes cependant se dirigent vers le lieu de la catastrophe, pour tenter de comprendre ce qui est arrivé à une personne qui leur est chère…

*****

Christophe Léon arrive très bien à décrire dans ce texte l’ambiance avant et après la catastrophe. On sent bien les négligences qui ont eu lieu et la chape de silence imposée par le gouvernement après l’explosion.

L’effroi que procure ce récit provient du fait qu’on se croirait dans un ouvrage de science-fiction (village isolé, gouvernement totalitaire), alors qu’il fait référence à un évènement dramatique de notre histoire (Tchernobyl) , qui pourrait encore se produire de nos jours.

En tant que bibliothécaire, je me verrais cependant mal proposer ce texte à des ados sans être médiation, bien qu'il soit paru dans une collection qui leur est destinée. En effet, la fin, extraordinaire mais aussi abrupte et brutale, me met mal à l'aise. Aussi je proposerai plutôt ce très bon texte à des adultes.

Silence, on irradie / Christophe Léon. - T. Magnier, 2009. - Collection Roman.

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 00:00
being-kevin-brooks.jpgAlors qu'il se trouve à l'hôpital pour un examen banal, Robert Smith, 16 ans, se réveille dans une drôle de situation. Le chirurgien, accompagné d'un homme inconnu, est en train d'observer l'intérieur de son corps. Et ce qu'il découvre le laisse sans voix : là où devraient se trouver des organes, il y a une sorte de machine sophistiquée.

Terrorisé mais pourtant incroyablement maître de ses réactions, Robert s'enfuit, non sans avoir compris que l'homme inconnu appartient à une agence nationale et que le mystère à l'intérieur de Robert l'intéresse grandement.

Durant sa cavale, il tentera de comprendre ce qu'il est. Après tout, son corps vit, il ressent la douleur, des émotions. Il a beau fouiller dans ses souvenirs, cet orphelin ne se souvient pas de ses jeunes années, uniquement de ses nombreuses familles d'accueil.

Il s'apercevra rapidement que ceux qui sont à sa poursuite sont puissants. Tous ceux qui l'ont connu, ainsi que ceux qui l'aident, disparaissent. Il aura alors une idée, qu'il considérera comme sa dernière chance : se réfugier chez Eddi, une fille qu'il a croisé une fois.

*****

Kevin Brooks signe ici un roman qui fait froid dans le dos, et qui trouve bien sa place dans la collection DoAdo Noir des éditions du Rouergue.

Déjà, l'histoire en elle-même est remarquablement menée. Certaines scènes sont à déconseiller aux âmes sensibles, car très sanglante. En revanche, la fuite et la traque de Robert, poursuivi par un ennemi inconnu, est captivante. Kevin Brooks sait très bien faire monter l'angoisse cran par cran.
C'est son personnage qui raconte ce qui lui arrive et le lecteur ressent vraiment sa peur, due à la perte de ses repères et à l'impossibilité de faire confiance à qui que ce soit.
Au fil du récit, on prend fait et cause pour ce jeune homme. Impossible de ne pas trembler pour lui à chaque qu'il manque de se faire attraper. Car nous savons, nous qui sommes dans sa tête, que quel que soit ce qu'il a à l'intérieur de lui, Robert Smith reste un être humain.

C'est l'autre aspect intéressant du roman. Qu'est-ce qui fait un être humain ?
Dans un premier temps, Robert pense beaucoup à ses réactions et sensations physiques, à ses émotions, ses pensées :

"Comment peux-tu ressentir la douleur si tu n'es pas un être doué de sensation ?
Comment peux-tu
être autre chose ?
Tu vis, Tu souffres, tu saignes. Tu vois des choses, tu entends des choses, tu ressens des choses, tu fais des choses.
Tu réfléchis sur toi. Tu as un moi. Un esprit, un corps, une conscience. Tu as des souvenirs. Tu te rappelles des choses.
La mémoire est la vie.
Tu vis.
Tu es vivant.
Tu manges, tu bois, tu respires.
Tu chies, tu pisses, tu pètes.
Tu souffres.
Qu'est-ce que tu pourrais être d'autre qu'humain ?"


Pourtant,  au fil de ce qui arrive à Robert, on comprend qu'être humain c'est tout cela et un peu plus. Et que les plus inhumains ne sont peut-être pas ceux qui ont une machine à la place du coeur...

L'avis de Sandrine.

Being / Kevin Brooks ; traduit de l'anglais (Grance-Bretagne) par Araine Bataille. - Editions du Rouergue, 2007. - Collection DoAdo Noir.

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 00:00
MonProfLeTueurReborn1.jpgTsuna est un ado qui mène une vie tranquille. Il est quand même l'élève le plus nul du lycée, et tout le monde le surnomme Tsunaze.

Ceci va changer le jour où Reborn débarque dans sa vie. Sous son apparence de gentil bébé, il est en fait un des plus grands tueurs de la mafia.
Il a été envoyé au Japon pour éduquer Tsuna. Il descend en effet d'une famille mafieuse, les Vongola, et il est appelé à devenir le parrain dixième du nom.
Tsuna, aussi bien par horreur de la violence que par peur de sa grande maladresse, refuse ce rôle qu'on veut lui imposer.

C'est sans connaître Reborn, qui a plusieurs atouts dans ses manches. Outre des cachettes, des armes et des déguisements à foison, il possède aussi la "balle de la dernière volonté". Celui qui la reçoit meurt, puis resuscite, bien décidé à accoplir sa dernière volonté.

Dans ce premier volume, Tsuna va entre autre :
- faire la rencontre de Reborn et tester les effets de la "balle de dernière volonté" ;
- gagner de l'estime auprès des élèves du lycée ;
- faire la connaissance de Gokudera, un ado de la mafia spécialiste des explosifs ;
- se lier d'amitié avec Yamamoto ;
- rencontrer Lambo, le mafieux de 5 ans de la famille Bovino, qui grâce à son bazooka des 10 ans peut faire apparaître celui qu'il sera dans 10 ans.

*****

J'ai découvert cette série sur Internet, via l'anime qui en a été tiré. L'occasion s'est présentée de pouvoir le lire en version papier. Il y a quelques différences (la version papier est moins politiquement correcte), mais grosso modo, l'histoire est la même.

Ce premier volume ne me déçoit pas. Si le résumé ne donne pas très envie, je vous assure que la lecture de ce manga est très plaisante.
Outre le postulat de départ, qui est très original, l'humouir est présent à toutes les pages. Les personnages de la mafia sont vraiment fous et mènent une vie pas possible à Tsuna.

Côté graphisme, rien de vraiment spécial signaler. Les personnages sont faciles à identifier. La lisibilité des scènes d'action est très bonne.

C'est une série que je vais continuer, en attendant avec impatience qu'elle prenne un virage plus grave (ça je le sais, parce que je regarde l'anime ).

reborn.jpg
reborn-001-copie-1.jpg
reborn-002-copie-1.jpg

Reborn, mon prof le tueur, 01 : Reborn débarque ! / Akira Amano. - Gléant, 2006.>

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 00:00
lumiere-morte-michael-connelly.jpgL'inspecteur Harry Bosch a quitté la police. Il ne possède donc plus le badge qui lui ouvrait toutes les portes et lui permettait de poser toutes les questions. Et pourtant, il n'a pas lâché ses enquêtes.

Maintenant qu'il est "libre", Harry décide de se remettre sur l'affaire Angella Benton. Cette jeune femme, qui travaillait dans une boîte de production, a été assassinée quelques jours avant un hold-up mémorable et mortel qui a eu lieu sur le tournage où elle travaillait.
Pour le fin limier qu'il est, ces deux affaires sont liées. Cela se confirme quand un des flics qui travaillait sur l'enquête lui confie qu'une agent du FBI les avait contactés pour leur informer qu'elle avait repérer quelques choses au sujet des billets volés.

Dès le début, des menaces plus ou moins voilées lui ordonnent de cesser ces investigations. Et ces alertes ne viennent pas de truands, mais d'agences fédérales. Car dans les Etats-Unis post-11 septembre, rien ne doit interférer dans la lutte contre le terrorisme, surtout pas le meurtre d'une femme.

C'est mal connaître Harry Bosch, qui a juré de rendre justice à Angella.

*****

De Connelly, j'avais déjà lu La Blonde en béton. Cette histoire de serial-killer m'avait bien plue. Mais là, j'ai vraiment adoré.

L'histoire tout d'abord est pleine de fausses pistes et de rebondissements. Elle va emmener Harry Bosch dans des zones de ténèbres, que Connelly décrit à merveille. Il restitue vraiment une ambiance glauque, cachée par les paillettes d'Hollywood.
Il dénonce également l'Amérique traumatisée de l'après 11 septembre, qui autorise ses agences d'investigations à être au dessus des lois. Ce n'est plus la justice qui compte, mais la raison d'Etat.

Michael Connelly soigne aussi ses personnages, en créant des êtres pris entre leur devoir, leurs émotions et leurs envies. Derrière les apparences se cachent des hommes et des femmes blessés par la vie, par leur faute ou non.
Le plus humain d'entre eux reste certaiment Harry Bosch, qui dans ce volume cherche à rendre justice à une jeune femme que tout le monde à oublier, tout en cherchant les mots pour dire l'amour qu'il a encore pour son ex-épouse.

Un très bon Connelly, qui me donne envie de découvrir encore d'autres enquêtes d'Harry Bosch.

Plus d'info sur Pol'art Noir.

Lumière morte / Michael Connelly ; trad. de l'américain par Robert Pépin. - Seuil, 2003. - Collection Seuil Policiers.


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