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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 18:08

imperatrice-etheres.jpgBipa et Aer vivent tous les deux dans les Cavernes, là où la vie est dure mais où les hommes sont protégés du froid. Si la première est une jeune fille pratique, le second ne rêve que de partir. Il veut en effet aller retrouver l'Impératrice dans le Royaume des Ethérés, ainsi que le raconte sa mère Nebla. Avant lui, son père est déjà parti et n'est jamais revenu.

Après quelques années, les enfants ont grandi. Bipa et Aer ne se sont jamais vraiment entendu. Ils ont pourtant eu quelques discussions, où l'avis de Bipa, toujours très pragmatique, divergeait fortement des idées d'Aer. Pourtant, le jeune homme l'écoute toujours, car elle donne ses opinions sans détours.

Le jour où Aer disparaît, Bipa est en colère. Comment cet imbécile peut-il laisser sa mère, elle qui a déjà tant souffert de la disparition de son mari ? Pourtant, Aer reviendra. Il ramènera une fleur de cristal, pour prouver à Bipa que d'autres choses existent à l'extérieur des cavernes.

Une fois cet acte accompli, il disparaîtra de nouveau quelques temps plus tard. Devant le désarroi de la mère d'Aer, Bipa prendra une grande décision : partir chercher Aer et le ramener dans les cavernes.

Ce qu'elle ignore, c'est que ce voyage sera pour elle rempli d'épreuves et de rencontres et qu'elle découvrira en elle des sentiments qu'elle ignorait...

*****

 

C'est la première fois que je lis un livre de Laura Gallego Garcia. J'ai entendu beaucoup de bien de ses Chroniques de la Tour, aussi ai-je pris ce roman avec beaucoup de curiosité.

Il a d'abord une grande qualité : l'histoire se termine en un volume ! Pour une fois, ouf, pas de suite à attendre. Ca devient assez rare dans les romans fantastiques pour être souligné.

Ensuite, il est original. D'habitude, les héroïnes sont toujours courageux, prêtes à vivre de grandes aventures. Ici, Bipa ne rêve que d'une chose : retrouver sa caverne et son foyer. C'est une jeune fille travailleuse, un peu rude, intelligente, qui n'arrive pas à voir la beauté dans les choses inutiles. Étonnamment, elle est pourtant très attachante. Ce voyage sera pour elle une quête initiatique, qui l'emmènera très loin. Elle ira plus loin que n'importe qui, sans perdre sa personnalité, grâce à sa force de caractère..

Je ne vous en dis pas plus sur l'histoire. Sachez cependant qu'elle rencontrera de nombreuses personnes, dont l'objectif est d'aller vers toujours plus de pureté et de transparence.

C'est donc un très bon roman de fantastique, avec une touche de science-fiction. L'écriture et l'imagination de Laura Gallego Garcia font qu'on le lit avec un véritable plaisir, et qu'il est difficile de s'en détacher avant la fin.

 

D'autres avis sont à découvrir sur Blog-O-Book.

 

A partir de 12 ans.

L'Impératrice des Ethérées / Laura Gallego Garcia ; trad. de l'espagnol par Faustina Fiore. - Baam !, 2010.

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 19:33

graal-noir-fil-diable-christian-montella.jpgDans la forteresse de Caer Lûdd, le château du roi Uther, la foule est en liesse. Le roi a fait chassé et amené le Fils du Diable, pour l'exécuter. Ce qu'il ignore, c'est que son prisonnier n'est pas celui qu'il recherche.

Car le Fils du Diable, c'est Merlin. Celui-ci est né d'une vierge et d'un démon, qui cherche à l'attirer de son côté. Mais Merlin a été confié au père Blaise, qui doit soigner sa part humaine. Même s'il s'en sort bien, le pauvre a bien du mal, face à un garçon qui a déjà la taille d'un adulte, plaît aux femmes plus qu'il ne devrait et possède un caractère orgueilleux et une fierté démesurée. Il a aussi de nombreux pouvoirs : métamorphose, sortilège, possession, vision de l'avenir...

C'est justement ce don de prescience qui le fait intervenir à Caer Lûdd. Outre le fait qu'il souhaite sauver celui qui doit être exécuté à sa place, il sait qu'Uther, ce roi brutal et bête, joue un rôle indispensable pour que celui qui doit retirer l'épée de la Pierre voit le jour.

Les forces contraires sont pourtant nombreuses. Du côté d'Uther, sa mère qui le domine et son frère de lait qui le jalouse. Du côté du monde magique, les fées en tout genre, qui ne pensent qu'à prendre le pouvoir ou à faire le mal...

 

*****

 

Je n'ai pas lu le cycle Graal, que Christian de Montella a écrit auparavant. Mais ce Graal Noir me plaît beaucoup, et m'encourage à me tourner également vers cette première série.

Ici, c'est Merlin qui est au centre de l'action. C'est un personnage intéressant, mi-homme, mi-démon, qui doit lutter pour rester du côté de l'humanité. Malgré un caractère fort et une confiance en lui absolue, il est attachant car pris entre des sentiments bien humains et un devoir qui le pousse à agir (ou du moins à laisser faire) contre une certaine morale. C'est aussi un être en devenir, car on apprend qu'il ne possède encore pas tous ses pouvoirs. Il lui reste donc à accomplir sa quête initiatique.

Du point de vue de l'histoire, le récit est très prenant. D'après ce que j'ai pu glaner sur Internet, les actions respectent bien la légende arthurienne. C'est donc la genèse de la naissance d'Arthur, qui explique comment il a été conçu.
Ce qui m'a plu aussi, c'est que tout se déroule au moment où le christianisme remplace progressivement les dieux païens et les prêtres remplacent les druides. On voit alors comment des légendes anciennes ont été adaptées pour coller à la religion catholique. Ainsi, pour l'Église, Merlin est le fils du diable et, pour les druides, il est le fils de l'Etre des Ténèbres.
Les deux premiers tiers racontent comment Merlin sauvent Uther des dangers qui le menacent. La dernière partie explique comment le père et la mère d'Arthur (c'est du moins ce que l'on suppose) se sont rencontrés.

Autant le dire tout de suite, ce n'est pas tout rose. C'est même très dur. Outre une certaine violence physique, certains passages sont assez explicites sexuellement. En effet, beaucoup d'ennemi(e)s de Merlin sont des femmes. Or, à cette époque, leurs armes sont rares. Si certaines utilisent la magie, elles disposent également d'autres arguments : leur corps et le plaisir qu'elles savent donner pour posséder les hommes.

Personnellement, ces passages ne me dérangent pas car ils me paraissent tout à fait justifiés. Rien n'est gratuit dans cette histoire, qui fait référence à des instincts humains parfois enfouis, parfois pas.

Tout comme Michel Honaker avait eu l'excellent idée de réécrire l'Odyssée, je trouve l'initiative de Christian de Montella excellente. J'attends donc la suite pour découvrir encore plus la vie de Merlin avant la naissance d'Arthur.

 

L'avis de Clarabel.


Graal Noir, 01 : Le Fils du Diable / Christian de Montella. - Flammarion, 2010.

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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 09:55

peine-maximale-anne-vantal.gifTrois jours.

 

Cette histoire se déroule sur trois jours seulement. Durant ce temps, Kolia et sa jeune sœur Léna vont être jugés. Le jeune homme a commis l’irréparable : il a tenté de voler un homme et sa femme et a fini par enlever leur bébé.


Arrêté, sa sœur accusée de complicité, ils se retrouvent maintenant devant cette cours qui va décider de leur avenir.
Mais tous ceux qui les entourent lors de ce procès, sont aussi des êtres avec une vie : avocats, victimes, jurés, juges…

 

Tous ont des sentiments et doivent faire leur devoir : en trois jours, se forger une conviction et prononcer un verdict.

*****

 

Je ne sais comment le dire autrement : ce livre est un chef d’œuvre ! Les romans d'Anne Vantal me laissent rarement indifférent (Un été outremer, Le maître des vecteurs). Mais celui-ci est tellement fin et subtil qu'il me marquera longtemps.

Dans la forme, il s’agit d’un roman choral, où chaque chapitre correspond aux pensées d’un personnage. Nous suivons ainsi ce que chacun peut ressentir, ce dont il se souvient, comment il est arrivé là où il est, comment il voit ce qui lui arrive. Malgré leur nombre importants, les personnages acquièrent ainsi une véritable personnalité, épaisse et saisissante de réalisme.

Sur le fond, Anne Vantal nous entraîne durant trois jours dans un procès d’assises. L’auteure le fait d’une manière intelligente et sensible, rendant son livre intéressant sous différents aspects.

Tout d’abord, il nous permet de nous éloigner des clichés sur le système judiciaire issus des séries télévisées américaines. On retrouve toutes les étapes de ce type de procès, de la sélection des jurés, à leur délibération. J’y ai personnellement appris plusieurs éléments, dont la manière de décider de la peine d’un accusé.

Ensuite, il permet de voir que même si la justice a mis en place des procédures bien établies, les hommes et les femmes qui y participent, ses « rouages », restent des êtres humains, soumis à des émotions et des envies. Même si chacun d’entre eux essaient de jouer leur rôle, ils ne peuvent totalement faire fi de leurs sentiments et de leurs ressentis envers les autres. Ainsi le juge sera-t-il plus indulgent que l'avocat général.

Enfin, il y a les jurés. Nous suivons les pensées de chacun. Et, comme nous suivons le même chemin qu’eux, ils nous offrent un miroir de comment nous, lecteurs, pourrions réagir dans la même situation. Celle qui résume le mieux ce que l’on peut penser est Karine, une des jurés :

 

« Kolia retournera en prison, bien sûr, mais pour combien de temps ? Cinq, dix , vingt ans ? Cela ressemble à un jeu sadique dont elle inventerait à mesure les règles. Karine n’est pas une femme sadique. C’est une mère de famille consciencieuse, une infirmière dévouée. Un être qui croit aux bienfaits de l’amour et de la gentillesse. Elle n’est pas certaine de vouloir se transformer en juge. »

 

L'avis d'Esmeraldae.

 

A partir de 15 ans.

Peine maximale / Anne Vantal. – Actes Sud junior, 2010. – Collection Romans ado.

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 20:27

caulfield-sortie-interdite.JPGKlaus arrive dans son nouveau lycée, celui où sa mère sera CPE. Cet adolescent se voit comme un looser, avec ses cheveux frisés, son corps en forme de poire et son visage qui rougit à la moindre émotion.

 

Il essaie bien dès les premiers jours de se rapprocher de Sturla, un de ces camarades de classe. Mais celui-ci le décourage rapidement. Juste après cette conversation, Sturla meurt dans un accident de métro. Klaus, qui le suivait de loin, se retrouve ainsi en possession de son anorak, son vélo et une clé USB contenant son journal. Il découvre ainsi que Sturla se sentait menacé.

 

Intrigué par ce journal, choqué par une mort aussi violente, Klaus va vouloir découvrir à tout prix la vérité. Il veut surtout savoir qui est-ce mystérieux Caulfield, auquel le ramène les pistes qu’il explore.

 

Autour de Klaus, les comportements de ses autres camarades sont à la fois étranges et ambigus. Liv, la plus belle fille de la classe et petite amie de Sturla, se rapproche beaucoup de lui. Stig, garçon populaire, lui parle, lui prête des vêtements et passe même dormir chez lui…

 

Mais ce que Klaus ignore, c’est que plus il se rapproche de la vérité, plus le piège qui lui est tendu risque de se refermer sur lui…

 

*****

 

Il est très difficile de résumer ce livre sans le dénaturer. L’auteur a réussi à créer une atmosphère étrange, glaçante et presque malsaine, en situant son action dans des endroits glauques, froids et souvent vandalisés.


Il nous offre un polars psychologique très bien monté (il n’y a pas beaucoup d’action), où tout se joue dans les relations entre les individus, les manipulations et les non-dits. La lecture est ainsi très étrange, et on avance à vue avec Klaus.


Pour ceux qui s’interrogent, l’auteur fait référence à J. D. Salinger et à son personnage Holden Caulfield dans l’Attrape-cœurs.

 

Personnellement, j'ai bien aimé ce polars psychologique. Cependant, bien qu'il paraisse dans une collection pour les ados, je ne le conseillerai pas à tout le monde. Il plaira bien aux amateurs de ce genre.

 

Gaëlle a un avis proche du mien. Elle parle également de la fin du livre, qui m'a également marqué. C'est un livre qui nécessite une médiation auprès des jeunes.

 

Caulfield : sortie interdite / Harald Rosenløw Eeg ; trad. du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud. - T. Magnier, 2009. - Collection Grand format.

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 00:00
being-kevin-brooks.jpgAlors qu'il se trouve à l'hôpital pour un examen banal, Robert Smith, 16 ans, se réveille dans une drôle de situation. Le chirurgien, accompagné d'un homme inconnu, est en train d'observer l'intérieur de son corps. Et ce qu'il découvre le laisse sans voix : là où devraient se trouver des organes, il y a une sorte de machine sophistiquée.

Terrorisé mais pourtant incroyablement maître de ses réactions, Robert s'enfuit, non sans avoir compris que l'homme inconnu appartient à une agence nationale et que le mystère à l'intérieur de Robert l'intéresse grandement.

Durant sa cavale, il tentera de comprendre ce qu'il est. Après tout, son corps vit, il ressent la douleur, des émotions. Il a beau fouiller dans ses souvenirs, cet orphelin ne se souvient pas de ses jeunes années, uniquement de ses nombreuses familles d'accueil.

Il s'apercevra rapidement que ceux qui sont à sa poursuite sont puissants. Tous ceux qui l'ont connu, ainsi que ceux qui l'aident, disparaissent. Il aura alors une idée, qu'il considérera comme sa dernière chance : se réfugier chez Eddi, une fille qu'il a croisé une fois.

*****

Kevin Brooks signe ici un roman qui fait froid dans le dos, et qui trouve bien sa place dans la collection DoAdo Noir des éditions du Rouergue.

Déjà, l'histoire en elle-même est remarquablement menée. Certaines scènes sont à déconseiller aux âmes sensibles, car très sanglante. En revanche, la fuite et la traque de Robert, poursuivi par un ennemi inconnu, est captivante. Kevin Brooks sait très bien faire monter l'angoisse cran par cran.
C'est son personnage qui raconte ce qui lui arrive et le lecteur ressent vraiment sa peur, due à la perte de ses repères et à l'impossibilité de faire confiance à qui que ce soit.
Au fil du récit, on prend fait et cause pour ce jeune homme. Impossible de ne pas trembler pour lui à chaque qu'il manque de se faire attraper. Car nous savons, nous qui sommes dans sa tête, que quel que soit ce qu'il a à l'intérieur de lui, Robert Smith reste un être humain.

C'est l'autre aspect intéressant du roman. Qu'est-ce qui fait un être humain ?
Dans un premier temps, Robert pense beaucoup à ses réactions et sensations physiques, à ses émotions, ses pensées :

"Comment peux-tu ressentir la douleur si tu n'es pas un être doué de sensation ?
Comment peux-tu
être autre chose ?
Tu vis, Tu souffres, tu saignes. Tu vois des choses, tu entends des choses, tu ressens des choses, tu fais des choses.
Tu réfléchis sur toi. Tu as un moi. Un esprit, un corps, une conscience. Tu as des souvenirs. Tu te rappelles des choses.
La mémoire est la vie.
Tu vis.
Tu es vivant.
Tu manges, tu bois, tu respires.
Tu chies, tu pisses, tu pètes.
Tu souffres.
Qu'est-ce que tu pourrais être d'autre qu'humain ?"


Pourtant,  au fil de ce qui arrive à Robert, on comprend qu'être humain c'est tout cela et un peu plus. Et que les plus inhumains ne sont peut-être pas ceux qui ont une machine à la place du coeur...

L'avis de Sandrine.

Being / Kevin Brooks ; traduit de l'anglais (Grance-Bretagne) par Araine Bataille. - Editions du Rouergue, 2007. - Collection DoAdo Noir.
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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 00:00
Bon d'accord, je retarde un peu (le volume 3 est sorti le 4 mars). Mais je la trouve vraiment bien, cette bande-annonce :



Pour les avis (en attendant que je le lise), vous pouvez trouver celui de Tiphanya et celui de Clarabel.
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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 00:00
guerre-au-bout-du-couloir-christophe-leon.gifAlgérie, 1962. Momo et son petit frère encore bébé Alain se retrouvent seuls. Les parents ont disparu et leur tante Rosine est introuvable. Dans la rue, des Algériens en armes patrouillent et guident des gens en file indienne.

Alors qu'ils sont coincés, le vieil indigène qui leur vendait des légumes au marché les prend sous sa protection et les emmène hors de la ville. Il arrive alors dans sa cahute où vit une petit tribu : le vieil homme, une vieille femme, une mère avec un bébé, un adolescent et trois enfants.
Momo est troublé. Il se remémore les paroles de son père sur ces gens qui ne sont pas comme eux. Malgré de nombreuses différences, le jeune garçon se rend compte que les choses ne sont pas aussi simples que son père lui avait dit.

Il repense également aux comportements de son père ces derniers temps, le discours qu'il lui a tenu sur le fait de devenir l'homme de la maison, ses disparitions de plusieurs jours, le silence de sa mère...

Mais Momo et son frère ne peuvent rester que quelques jours au bled. Accompagné par Zakaria, l'adolescent, Momo retourne à Oran, à la recherhe de sa famille. Mais de retour en ville, la situation a changé...

****
Je suis rarement convaincu par les romans de Christophe Léon (notamment ici). Mais là, ce récit m'a passionné.

Même s'il ne dit pas tout, l'auteur permet de découvrir à travers les yeux de Momo la situation en Algérie avant la guerre, pendant et juste après. Le jeune garçon, de par ce qu'il vit et de par ses souvenirs, est un lien entre le point de vue des français d'Algérie et la réalité de la vie des Algériens.
Loin d'être manichéen, ce point de vue permet de comprendre la résistance à rendre un pays qui n'est pas le sien mais que l'on aime. Pourtant, il n'excuse pas tout, notamment une méconnaissance de la culture algérienne et un racisme primaire.
Il montre aussi que si les Algériens ont été exclus des instances décisionnaires de leur pays, les représailles après l'indépendance ont été violentes.

C'est un roman fort et dur, un roman historique comme en on voit peu. Pour ceux que cette période de l'histoire récente intéresse, c'est un livre à découvrir.

Il est heureux de voir que plus le temps passe et plus cette période où l'Etat français a agi de manière honteuse est traitée en littérature jeunesse.

Le blog de Christophe Léon.

L'avis d'Ulaz.

La guerre au bout du couloir / Christophe Léon. - Thierry Magnier, 2008. - Collection Roman.
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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 20:53
Ils-ne-sont-pas-comme-nous.jpgEn juin 1938, en Allemagne, un homme arrive dans une clinique psychiatrique. Ancien journaliste, il est interné sans en avoir conscience.

Pourtant, la vie n'est pas si dure dans cette institut. Il y a Wolf qui compte tout et tout le temps, Reinhardt qui envie les beaux uniformes, Karl qui joue au poker, Anna et Emma les infirmières et le docteur Schmidt.

Mais à cette époque, en Allemagne, les prémisces de la solution finales font leur apparition. Ce sont les malades mentaux qui seront les premiers touchés.

*****
Ce livre est un bel et étrange objet qui, pour dénoncer un horrible évènement de l'histoire, revêt une forme originale.

Le texte est de prime abord déroutant, mais on s'y fait vite. Il est composé de courts paragraphes et est exclusivement formé de dialogues ou monologues.
Le journaliste est le personnage principal : ce sont ses pensées et ses échanges que l'on suit au départ. Mais les points de vue changent au fur et à mesure du récit. Ce sont ensuite les envoyés du ministère puis les S.S. qui prennent la parole.
Comme le dit le texte de présentation envoyé par l'éditeur, on découvre petit à petit le contraste entre ces mondes. D'un côté, celui de la maladie mentale, où l'on finit par s'attacher à tous ces personnages particuliers. De l'autre, celui des nazis, qui profèrent sans sourciller les pires horreurs.

Les illustrations de José Ignacio Fernandez, quant à elles, sont intéressantes (la couverture en offre un bon exemple). Elles sont réalisées à partir de photographies découpées et de montages. L'effet est intrigant et parfois dérangeant ou effrayant quand les parties du corps sont déformées : les têtes sont parfois disproportionnées par rapport au corps, les yeux sont agrandis ou les bouches retouchées. Il en ressort cependant un effet de profondeur et une facilité à repérer chaque personnages, même si leur nom n'est pas écrit. De plus, la plupart du temps les personnages regardent le lecteur, ce qui l'interpelle.

Le rapport texte-image est également très intéressant. Chaque chapitre est accompagnée d'une illustration, qui montre la scène décrite par le texte. Les images apportent cependant des indications supplémentaires sur les personnages et leur sentiment.

En conclusion, en tant que médiateur, je ne sais pas si je conseillerai ce livre à tout le monde, car il peut déstabiliser par sa forme. En revanche, je vois très bien les pistes de travail qu'il peut offrir dans le cadre d'une lecture accompagnée : découverte d'une période de l'histoire (l'extermination des handicapés mentaux pendant la Seconde Guerre mondiale est rarement abordée en littérature jeunesse), analyse des différents personnages, réflexion autour du style, lecture de l'image...

Un livre à découvrir.

Merci beaucoup aux édtions Alzabane et à Babelio pour cet envoi.

Ils Ne Sont Pas Comme Nous par Jean-Sébastien Blanck
Ils Ne Sont Pas Comme Nous
Critiques et infos sur Babelio.com
Ils ne sont pas comme nous / Jean-Sébastien Blanck ; illustrations de José Ignacio Fernandez. - Editions Alzabane, 2009. - Collection Histoire d'en penser.
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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 10:56
guerre-de-robert-rolande-cuasse-georges-lemoine.gifEn 1942, Robert Wohl est séparé de ses parents et de ses frères et sœurs. Caché par des personnes courageuses, Robert va échapper à la déportation et survivre à la Seconde Guerre mondiale. Sa famille, elle, ne reviendra jamais des camps.

Du témoignage de Robert, Rolande Causse en a tiré un récit bouleversant. On la connaissait déjà pour ses écrits sur la Seconde Guerre mondiale : comme toujours, son écriture est sensible et délicate.

Elle a choisi ici un parti pris intéressant : faire dialoguer Robert jeune et Robert adulte. Le premier dit ce qui lui arrive et exprime ses peurs et ses colères. Le second parle avec le recul d'un homme plus âgé et analyse mieux ses souvenirs.

Je suis resté dubitatif au début mais le résultat est déchirant. Par exemple, Robert jeune parle des deux lettres qu'il a miraculeusement reçues de sa mère. Robert adulte, lui, explique alors qu'il a oublié son visage. Ou encore quand Robert jeune dit que, juste avant d'être séparés, son père lui a laissé son porte-monnaie. Robert adulte explique qu'il l'a conservé sans jamais toucher à l'argent.

Ce texte si triste et pourtant vrai est merveilleusement illustré par Georges Lemoine, qui a mélangé dessin et photos. Un petit bijou.

La Guerre de Robert / Rolande Causse ; ill. Georges Lemoine. – Albin Michel, 2007.
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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 13:21
jours-de-college-bernard-friot.gifBernard Friot n'est pas un débutant en littérature jeunesse. Il aborde les choses de manière légère (Histoires pressées chez Milan) ou grave (Folle chez Thierry Magnier ou Un autre que moi chez De La Martinière). Sa belle écriture est toujours là, car il sait choisir les mots pour nous toucher.

C'est le cas avec ce livre. En 5 histoires, il aborde la vie de 5 ados, dont le seul point commun est d'être collégiens. Les sujets graves sont traités en alternance de thèmes plus légers.

Fausse note aborde les abus de certains professeurs qui peuvent avoir de graves conséquences sur certains élèves.
L'histoire suivante, Marque, touche au problème des marques commerciales qui dictent les modes et l'apparence de chacun.
Foulard, comme son nom l'indique, traite de ce délicat problème dans les écoles.Il n'est pas possible de vous raconter Accident sans vous en dévoiler le contenu.Enfin, Correspondance met en avant la riche vie intérieure d'une élève face à son professeur de français.

Résultat : un recueil de nouvelles intéressant et prenant. Personnellement, bons et mauvais souvenirs du collège me sont revenus à la lecture de ce livre. Ce qui touche, c'est la vie intérieure de ces adolescents. Pas tout à fait sortis de l'enfance, on sent que certains souffrent plus qu'on ne peut l'imaginer alors que d'autres s'affirment, deviennent adultes.

C'est un livre tout en finesse, qui ne peut pas laisser indifférent.

Jours de collèges / Bernard Friot. - Gallimard, 2006. - (Scripto).
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