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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 08:00

Ce blog a décidé de s'associer à un projet ambitieux : chroniquer l'ensemble des romans de la rentrée littéraire !


Vous retrouverez donc aussi cette chronique sur le site Chroniques de la rentrée littéraire qui regroupe l'ensemble des chroniques réalisées dans le cadre de l'opération.

Pour en savoir plus c'est ici.

 

Merci également à Guillaume de Babelio pour son rôle d’intermédiaire toujours présent et attentif.

 

 

Saphia Azzeddine est une jeune auteure qui a déjà publié le roman Confidences à Allah, déjà aux éditions Léo Scheer. Je n’ai pas pu le lire, et les réactions glanées sur la toile (sur ce forum et les commentaires du site de l’éditeur) sont assez divergentes.

Il en ressort cependant que S. Azzeddine avait déjà le goût des mots crus et des personnages marquants.

L’entretien réalisé lors de la sortie de ce précédent livre donne cependant des indications sur ce qui a l’inspiré pour son second roman.



Mise en page 1 Dans Mon père est femme de ménage, Paul, 14 ans, nous raconte sa vie. Il vit avec sa famille dans une cité de banlieue. Sa mère handicapée et plutôt absente, sa sœur rêve d'être noire et miss, son père est affectueux mais femme de ménage.

Sa vie s’organise autour du collège (pas terrible), de quelques copains, de Priscilla (qui vient des beaux quartiers) et des heures de ménage qu’il fait pour accompagner son père.

A travers cette vie et ses déboires, Paul se cherche et s’interroge, de la taille de son sexe à l’envie d’appartenir à une communauté religieuse.

Pour cela, il peut s’appuyer sur son envie d’apprendre “les mots qui font peur” et sur son père, souvent « à quatre pattes » mais toujours présent.

 

Saphia Azzeddine prend des risques en se glissant dans la peau d’un ado de 14 ans.

Pour la barrière de l’âge, elle a certainement eu le même d’esprit à cet période de sa vie. Elle fait ainsi dire à Paul : « C’est plus fort que moi, quand je me trouve moche, je deviens méchant et je dis la vérité » (page 56) et la portée de ces mots est universelle.

Elle se tire également bien du côté masculin du personnage, en faisant de Paul un personnage attachant et réaliste. Elle n’en fait pas un obsédé sexuel permanent, même si ses fantasmes sont très forts et décrits avec une certaine crudité. Elle ne fait pas non plus de lui un intellectuel asocial ou un adolescent déconnecté du monde actuel et éloigné des comportements des jeunes d’aujourd’hui.

 

Il faut dire Saphia Azzeddine a un style intéressant, qui sert bien son propos. Les phrases sont en général courtes et sèches. Beaucoup ne contiennent d’ailleurs qu’un ou deux mots, pour appuyer l’expression précédents. Quant aux dialogues, ils sont nombreux et écrits dans le style parlé. Le résultat convient bien à son récit, lui donnant un rythme rapide et vivant.

 

Elle donne également à ses personnages des belles réparties. Les moments durs succèdent aux moments de tendresse, entrecoupés avec des passages très drôles. Comment résister à ce dialogue surréaliste où , pour cacher ce qu’il pense réellement de son père, Paul lui avoue avoir « un petit zizi » (page 62). C’est avec une phrase toute simple (« Ta queue elle est très bien mon fils » page 64) que son paternel rassurera de manière simple mais efficace son fils.

 

Mais attention, il n’y a pas que des passages comme ceux-là. Saphia Azzeddine offre une vision d’une société contenant un peu de violence et beaucoup de préjugés. Elle est pourtant loin des clichés qu’offrent en général les récits se déroulant en banlieue.

 

Bien sûr, en lisant ce livre, comment ne pas penser à Kiffe kiffe demain de Faïza Guène, paru en 2005 ? De nombreux points communs relient ces deux livres.

Tout d’abord, les auteures, toutes deux jeunes et d’origine maghrébine. Pour toutes les deux, il s’agit de leur (presque) premier roman, paru lors de la rentrée littéraire.

Pour les personnages ensuite : il s’agit à chaque fois d’un adolescent vivant en banlieue, dont l’avenir est assez obscur et dont les interrogations sur la société sont nombreuses.

Pourtant, ces deux ouvrages ne se situent pas sur le même plan.

 

Paul et sa famille vivent en banlieue et n’ont pas beaucoup de moyens. Ils sont pourtant français originaires du Morbihan. Ils sont venus en région parisienne pour trouver un emploi et leur vie en province n’était pas plus agréable. Elle était même pire pour Paul, victime d’abus sexuels de la part de son oncle.

Malgré tout, ils ne dépendent pas des services sociaux. Pas d’assistante sociale en vue. Ils se situent dans la frange de la population qui ne peut pas partir en vacances.

Quant aux amis de Paul, ils sont arabes, africains, juifs, roms…

Ce point de vue tranche singulièrement avec celui de Faïza Guène. Dans Kiffe kiffe demain, seuls les personnages d’origine maghrébine ont l’air de vivre dans la cité. Ne vivant pas dans une cité, il est difficile de juger mais il semble que le monde de Saphia Azzeddine soit plus proche de la réalité.

 

Au-delà de cet aspect, il s’agit également de traiter des relations parent-adolescent. Le contexte est d’ailleurs particulier. Dans une cité de banlieue, l’avenir apparaît sombre pour des personnes en construction. En tant que parent, quand on ne bénéficie soi-même de peu de moyens (financiers mais aussi culturels), il devient alors difficile de les convaincre que tout n’est pas joué et que la vie peut réserver des belles surprises.

Cette problématique est au cœur du roman de Saphia Azzeddine. Le titre est à cet égard très révélateur, ainsi que la quatrième de couverture. En tant que père, est-il possible d’être écouté quand le métier exercé est essentiellement féminin et très dévalorisé dans notre société ?

Saphia Azzeddine répond par l’affirmative. Face à une mère peu présente, elle affuble Paul d’un père dépassé, parfois gêné, souvent maladroit qu’il est difficile d’aimer et d’admirer. Pourtant, il est présent, à l’écoute et ne berce pas son fils d’illusions. Il se prend lui-même comme contre-exemple et encourage son fils à suivre une autre voie.

Il l’exprime par cette formule, quand il explique à Paul ce que veut dire finir « comme lui » : "Ca veut dire que tu regardes plus souvent le sol que le ciel mais que ça t'empêche pas d'marcher dans la merde quand même..." (page 122). Explicite, non ?

Cet aspect est encore différent du livre de Faïza Guène. La mère de Doria lui montrera la voie par l’exemple, en reprenant sa vie en main après le départ de son mari. Elle ne guide pas Doria comme le père de Paul, en parlant de son avenir. Elle est toujours présente pour sa fille mais elle est trop dépassée et en décalage pour pouvoir être un repère.

 

Que dire pour conclure ? Eh bien personnellement, j’ai aimé ces deux titres pour différentes raisons.

kiffe kiffe demain faiza guene Face au livre de Saphia Azzeddine, Kiffe kiffe demain apparaît comme plus sage et, d’un certain côté, comme répondant plus à certains clichés. Il garde certaines qualités : l’humour, un récit implanté dans une certaine réalité sociale et une certaine époque, la facilité de lecture. Hachette a eu raison de le rééditer au Livre de poche jeunesse, pour les adolescents. Avec un rythme rapide, des références actuelles, de l’humour, une fin optimiste et une certaine consensualité (comme le montre le deuxième commentaire de cet article de Mélaine), il peut constituer une lecture-accroche pour des jeunes qui lisent peu.

Mais à côté, le roman de Saphia Azzeddine propose plus de mordant, de vérité, de réalité et d’universalité. Il offre une vision de la société beaucoup plus large que ne le fait Faïza Guène. D’un certain côté, il est même plus optimiste, concluant que l’ascenseur social est bien réel, même s’il ne monte pas aussi haut que l’on croit.

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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 20:36

elegance du herisson muriel barbery Il existe des livres dont on entend (beaucoup) parler et dont on se dit qu’on le lira un jour. Même sans trop savoir de quoi il parle.

 

Que savais-je de L’élégance du hérisson ? Sorti à la rentrée littéraire 2006, il n’a pas “cartonné” à ce moment là. Il a fait son chemin petit à petit, et il lui a fallu presqu’un an pour qu’on s’aperçoive de son succès.

 

Je savais qu’il s’agissait de l’histoire d’une concierge plus intelligente qu’il y paraît. Je m’attendais donc à une histoire à la Anna Gavalda, simple, légère et prenante.

 

Ce livre est bien au-delà.

 

D’abord, il m’a fait rire. Dans le train. Et un livre qui me fait rire dans le train, il n’y a rien que j’aime le plus. J’imagine les gens autour de moi qui me regarde bizarrement, et ça me fait encore plus rire. Alors rien que pour ça, j’étais déjà séduit.

 

J’ai ensuite découvert une plume exceptionnelle. J’aime beaucoup le style de Muriel Barbery. Elle joue avec les mots, et, lors de la lecture, elle sait faire ressortir la saveur de chacun d’entre eux. Les mots que Renée Michel aime tant, Muriel Barbey nous les fait découvrir.

En plus, elle arrive à faire passer sa passion pour les livres de Tolstoï (entre autre) et d’Ozu (entre autre). Après avoir lu ce livre, qui n’a pas envie de (re)découvrir ces oeuvres ?

 

Enfin, comment ne pas accrocher à cette galerie de personnages ? Citons notamment Renée Michel, concierge de 54 ans, dissimulant son intelligence et son goût pour l’Art sous une apparence conforme à tous les clichés de sa profession, et Paloma Josse, jeune fille suicidaire de 12 ans, dont la riche famille ne convient ni à son intelligence, ni à sa sensibilité. Un vrai régal, pour ceux qui aiment les personnages décrits avec délicatesse, précision et originalité.

 

Tout ça pour qu’au moment où sort le film (un pur hasard de calendrier), je suis conquis par le livre…

 

 

 

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 09:14

malavita benacquista C’est une nuit que la famille Blake s’installe dans une ville paisible de Normandie, Cholong-sur-Avre. Il y a Fred le père, Maggie la mère, Belle et Warren les enfants et Malavita, la chienne.

 

Rien de plus normal en apparence. Sauf que la famille dissimule un secret : Fred s’appelle en vérité Giovanni Manzoni. Ancien membre de la Cosa Nostra aux USA, il a “trahi” en dénonçant ses  amis. Il est poursuivi pour cela, notamment par les hommes de Don Mimino, le capo di tutti capi, tombé à cause de lui.

 

Résultat, les membres de la famille Blake/Manzoni bénéficient du programme de protection des témoins et sont surveillés 24h/24h par des agents du FBI situés dans la maison d’en face.

 

Mais si la consigne est “ne pas se faire remarquer”, il est difficile à cette famille ayant fréquentée la mafia pendant des années de changer certaines habitudes…

 

******

 

Cela faisait longtemps qu’on m’avait conseillé ce livre. Et franchement, ce fut un très bon conseil.

 

Tonino Benacquista nous offre un roman non dénué d’humour. Une famille de mafiosi plongée en Normandie donne un mélange original. Il faut imaginer la rencontre entre Giovanni Manzoni, ex-capo, et un plombier français légèrement escroc sur les bords…

 

A côté de cela, Malavita est aussi, par certains côtés, un très bon roman policier, avec suspens et tension qui monte. La scène finale, surréaliste et géniale, en constitue l’apothéose.

 

L’auteur s’interroge également beaucoup sur ce que peut ressentir la famille Blake, anciens puissants devenus aujourd’hui des fuyards.

Chacun des membres de la famille réagit à sa façon, qui en essayant de se racheter une conscience, qui en essayant de reconstituer la gloire passée.

Il n’y a finalement que Fred/Giovanni qui ne cherche ni l’un ni l’autre, mais qui, au travers du livre qu’il tente d’écrire, cherche à comprendre et à expliquer.

 

Enfin, cela se sent que Tonino Benacquista s’est beaucoup renseigné sur la mafia. On apprend beaucoup de cette étrange corporation, où les liens familiaux peuvent être aussi forts que la haine.

 

Pour ceux qui auront/ont aimé ce roman, il existe une suite Malavita encore que je me réserve pour plus tard.

 

A lire en écoutant Repenti de Renan Luce.

 

Thierry a bien aimé aussi, Maxi a moins apprécié la fin.

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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 08:00

Il est très difficile de résumer un roman d’Alaa El Aswany. Il raconte en effet des histoires de personnes qui vivent la même situation, qui souvent se croisent et parfois se rencontrent. Il l’avait fait avec beaucoup de talent dans son livre L’Immeuble Yacoubian, dont le récit se passait au Caire.

 

Il récidive, toujours avec réussite, en parlant de la communauté égyptienne émigrée aux Etats-Unis. Selon les cas, il peut s’agir d’étudiants boursiers, comme Cheïma et Tarek. D’autres sont aussi étudiant mais surtout opposants au régime présidentiel égyptien, tel Nagui, ou, au contraire émissaire de ce régime, tel Danana.

Ce qui est sûr, c’est que même éloigné de l’Egypte depuis des dizaines d’années, de force comme le docteur Karam Doss ou par choix comme le docteur Mohamed Saleh, elle est toujours présente dans le coeur de ces hommes.

 

C’est ce qui m’a marqué dans ce roman. La plupart des personnages critiquent l’Egypte, son régime et même parfois sa mentalité, mais ils ne peuvent s’empêcher de l’aimer et d’y rester attachés.

 

Au-delà de cette réflexion, on retrouve tous les éléments qui ont fait le succès de L’Immeuble Yacoubian.

Le style d’Alaa El Aswany est toujours reconnaissable et il sait bien faire passer ce que ressentent ses personnages. Le fait d’alterner chaque histoire nous permet de passer du rire aux larmes, selon les récits que nous suivons.

 

Il n’en reste pas moins que beaucoup des personnages racontés sont frappés cruellement par la vie. Alaa El Aswany ne donne une chance qu’à ceux qui éprouvent des sentiments vrais et purs.

 

Chicago / Alaa El Aswany ; trad. de l'arabe (Egypte) par Gilles Gauthier. - Actes Sud, 2007.

 

 

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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 08:00
Rudolf Lang a treize ans en 1913. Il vit en Bavière. Son père, malade des bronches, l’élève avec une discipline de fer. Il souhaite que son fils porte ses fautes dans l’avenir et le destine à de venir prêtre. Rudolf refuse cet avenir tout tracé, surtout quand un accident lui fait perdre sa foi.

Après la mort de son père, la guerre éclate. Rudolf, porté par un fort sentiment patriotique, s’engage comme bénévole. Malgré son jeune âge, il persiste à vouloir prendre les armes. Il finira par y arriver grâce au soutien d’un militaire. Sans se poser de questions, Rudolf obéira à ses supérieurs, assistant parfois à des crimes atroces sans s’en émouvoir.

La guerre finie, Rudolf sera rendue à la vie civile. Ayant perdu ses parents, il se retrouve seul et connaît une grande misère dans une Allemagne sinistrée. Désillusionné, proche du désespoir, il ne retrouvera un certain optimisme qu’après avoir adhéré au parti national-socialiste. Il y retrouvera ce qu’il aime : une hiérarchie et des ordres.

Sa servitude, son zèle, son « esprit pratique », lui permettront de gravir petit à petit les échelons dans l’Allemagne nazie. C’est ainsi qu’il sera nommé responsable du camp de concentration d’un petit village polonais, Auschwitz.

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En 2006, Jonathan Littell, avec son roman Les Bienveillantes, racontait la vie d’un officier SS chargé d’exécuter la solution finale mise en place par Hitler et le régime nazi.
En 1952, Robert Merle avait déjà écrite une histoire sur des bases similaires. Et je trouve que ce roman est beaucoup plus réussi que celui de Jonathan Littell (dont le personnage part parfois dans des délires érotico-psychotiques ).

La force de cette histoire réside dans le fait que Robert Merle a choisi un personnage lambda, qui paraît très banal. Rudolf est un fonctionnaire zélé, qui se voit lui-même comme un simple « rouage ». Ce point de vue, beaucoup de personnes l’ont tenu, ce qui leur a permis de commettre les pires atrocités tout en gardant bonne conscience. C’est pourtant cette absence de résistance qui a fait que la solution finale a fonctionné avec une grande efficacité pendant la Seconde Guerre mondiale.

De même, le fait que Rudolf ait des problèmes psychologiques liés à son éducation et qu’il arrive si facilement, malgré sa froideur et son inhumanité, à monter les échelons dans un parti politique est réellement effrayant.

Pourtant, ce personnage est également ambigu. Le fait de vivre son histoire uniquement à travers son regard nous permet de « comprendre » son point de vue, celui qu’il tente d’expliquer à la fin.

J’ai été personnellement abasourdi par la manière dont il met en place l’élimination des Juifs du camp, comme s’il cherchait à résoudre un problème mathématique. Tant d’absence d’émotions, des faits décrits si objectivement et si froidement font ressortir toute l’horreur de cette situation et des actes commis.

En conclusion, une lecture très dure, mais menée d'une main de maître par Robert Merle.
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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 08:00
Jérôme, jeune cadre  dynamique, s'aperçoit qu'en ce 19 septembre, à 11h30, il a oublié de souhaiter un bon anniversaire à sa soeur Mathilde. Il décide donc de faire un saut chez elle.
En entrant dans la cours de son immeuble, il l'aperçoit tout au bord de la fenêtre du 5ème étage. Le sang de Jérôme ne fait qu'un tour, mais Mathilde rentre et ferme la fenêtre sans l'avoir vu.

Jérôme est tétanisé. A tout juste 24 ans, sa soeur pense-t-elle au suicide ? Il décide de prendre la chose au sérieux et de donner à Mathilde le bonheur qu'elle mérite.
Il va donc tout bouleverser. Annonçant à sa soeur qu'il a décidé de prendre une année sabbatique, il lui propose d'écrire un roman à deux. Mathilde est enchantée et se lance dans l'aventure.

Pour trouver des idées, Jérôme se propose de tenter des expériences originales, en se mettant dans la peau de leur personnage principal. Ce sera l'occasion de belles rencontres et de situations cocasses...

*******************************

Pour être tout à fait honnête, j'ai rencontré Perrine Luc dans une soirée. C'est là que nous avons parlé livres et qu'elle m'a annoncé que son premier allait sortir. Quelques mois plus tard, elle m'a demandé si j'étais intéressé de le lire et j'ai dit oui.

Je suis toujours un peu gêné quand une connaissance me demande de lire son texte. J'ai très peur de ne pas aimer. Et quand d'après le résumé, le sujet semblait un peu casse-gueule. Le suicide est un thème délicat et j'ai d'abord cru que j'aurais à faire à une histoire dramatique pleine de pathos. Eh bien ces craintes n'étaient pas fondées.

Il est vrai qu'il y a quelques petites maladresses et que je m'attendais un peu à une fin comme celle-ci. Mais l'originalité de l'histoire, les émotions qui s'en dégagent m'ont convaincu.

La tendresse familial qui est au coeur de ce récit m'a vraiment touché. La relation qui unit Jérôme et Mathilde est vraiment très belle et l'auteur arrive à faire ressortir tout l'amour qui les lie, eux qui ont vécu des épreuves et des drames familiaux.

Et puis Perrine Luc a vraiment un don pour dresser le portrait des personnages. Ils ont vraiment du relief, une histoire et ne sont pas vides. Tous ceux qui croisent le chemin de Jérôme sont plein de vie et d'humanité. Certains sont même très savoureux, comme par exemple Mme Petsec la concierge.

Ce premier roman est donc une bonne surprise, un récit vivant, à la fois léger et grave, que je vous invite à découvrir.

Guilhem a bien aimé aussi, les lecteurs du prix Orange du livre (que je découvre) sont plus partagés.

PS : En cherchant des informations sur l'éditeur, j'ai trouvé cette page sur BlogNot ! Il pourrait donc s'agir d'une édition en partie à compte d'auteur. Mais il est vrai que le travail sur le maquette est très soigné, le papier de qualité et que, côté promo, Perrine Luc était présente au salon du livre de Paris. Un bon travail dans tous les cas.

Fabrique-moi des ailes / Perrine Luc. - In Octavo Editions, 2009.

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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 09:00

L'inspecteur Harry Bosch est aujourd'hui sur le banc des accusés. Il y a quatre ans, il a tué Norman Church, assassin surnommé le Dollmaker car il maquillait ses victimes après les avoir violées et étranglées. C'est sa veuve, défendue par la redoutable avocate "Money" Chandler, qui a porté plainte car Bosch a fait cavalier seul dans cette affaire.
Normalement, le procès devrait bien se passer, des preuves indiquant que Church était le meurtrier ayant été découvertes dans son appartement. Sauf qu'un message adressé à la police a conduit à une macabre découverte : une femme blonde et morte étranglée a été enterrée sous une dalle de béton. Et le modus operandi du meurtrier ressemble beaucoup à celui du Dollmaker, alors que cette femme a été tuée bien après que Bosch ait abattu Church.
L'inspecteur va donc mener l'enquête pour prouver qu'il n'a pas tiré sur un innocent, conserver sa place et sauvegarder la réputation de la police de Los Angeles.

Harry Bosch est un de mes personnages de polars favoris. Torturé comme il se doit dans un polars, il n'en reste pas moins un personnage terriblement humain, face à ses doutes et ses convictions.
Quand au récit de Michael Connelly, il est savoureux et original d'un bout à l'autre. Les rebondissements sont nombreux, d'autant que ce titre mélange procès à l'américaine et enquête sur un serial killer.

Ce livre est impossible à lâcher une fois commencé.

Un peu plus d'informations sur Pol'art Noir.

La Blonde en béton / Michael Connelly ; trad. de l'américain par Jean Esch. - Seuil policiers, 1996.
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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 09:00

Si vous avez une maison, vous avez déjà dû avoir affaire à des artisans, pour tout type de travaux. Et vous comprendrez aisément monsieur Tanner.

Celui-ci a hérité d'une maison de son oncle, très belle mais très délabrée. Il décide donc de prendre un congé pour la restaurer. Mais la tâche est telle qu'il devra faire appel à une aide extérieure.
Ce sera l'occasion pour lui de faire une superbe et hilarante galerie de portraits : des escrocs fainéants à l'électricien russe, en passant par le chauffagiste dépressif, vous saurez tout sur cette corporation.

Plus les catastrophes sont énormes, plus on rigole et plus on se prend à espérer que tout fonctionne chez soi.

Léger et divertissant.

Vous plaisantez, monsieur Tanner / Jean-Paul Dubois. - Seuil, 2006. - (Points).
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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 09:00

Le Dr Kay Scarpetta, accompagnée du lieutenant Marino, enquête sur la mort de Beryl Madison, auteur à succès. Le meurtre, d'une violence inouïe, trouble notre héroïne car, bien que se sachant menacée, la victime a ouvert volontairement sa porte à son meurtrier.
De plus, la vie privée du médecin légiste est mouvementée : son tout premier amour refait surface dans de drôles de circonstances. Il en faudra toutefois plus pour que Kay lâche l'affaire.
Elle va remonter les pistes qui s'offrent à elle, bien décidée à retracer la vie de Beryl et à arrêter le coupable...

Deuxième aventure du médecin expert de Virginie Kay Scarpetta.
Patricia Cornwell mène son récit et son lecteur là où elle le veut. Trouver le coupable n'est pas une chose facile, d'autant que vrais indices et fausses pistes sont présents à foison.
Kay Scarpetta est également très attachante, fragilisée qu'elle est par le retour de cet homme qu'elle aime passionnément mais qui l'a quittée il y a des années.

Un bon moment de lecture, surtout pour la plage.

Mémoires mortes / Patricia Cornwell ; trad. de Gilles Berton. - Ed. du masque, 1995.
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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 09:00

En octobre 1949, Helene Hanff est écrivain sans le sous à New-York. Elle contacte la librairie Marks & Co., spécialisée dans les livres d’occasion et installée au 84, Charing Cross Road à Londres. Helene se plaint de ne pouvoir trouver à New-York les livres qu’elle recherche. Elle sera comblée par les envois de Marks & Co. Mais ce sera surtout le début d’une correspondance qui durera jusqu’en 1969, spécialement avec Franck Doel, son libraire « attitré ».

Cela faisait longtemps que je voulais lire ce livre : sa couverture me rappelait "Inconnu à cette adresse" que j’avais beaucoup apprécié. Et je n’ai pas été déçu.
Cette histoire vraie sous forme épistolaire est bourré d’humour et offre un formidable aperçu de la littérature anglaise (Helene Hanff est une grande dévoreuse d’ouvrages classiques).
J’apprécie beaucoup la vivacité d’esprit et le caractère d’Helene, je comprends qu’on puisse se sentir facilement très proche d’elle.

Je ne peux donc que vous recommander ce formidable ouvrage, qui se dévore d’une traite.


Les avis de Papillon et de Sylire (mais je suis sûr qu'il y en a beaucoup d'autres).

84, Charing Cross Road / Helene Hanff. – Autrement, 2001. – (Littérratures). ISBN 2-7467-0058-1.
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