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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 20:12

eterneant shustermanIl y a quelques temps, j’avais lu Les fragmentés de Neal Shusterman. C’était un roman original et marquant, dont le souvenir est encore vif dans ma mémoire. Aussi, quand j’ai découvert qu’il venait de publier un nouveau titre, je me suis plongé dans sa lecture avec grand plaisir.

 

La quatrième de couverture donne la définition suivante de l’Eternéant : “monde situé entre la vie et la mort où se perdent les enfants sur la route de l’au-delà”.

C’est dans cet univers que vont se rencontrer Allie et Nick : les deux adolescents vont se percuter au moment de leur mort, les empêchant de partir vers un “ailleurs”.

A leur réveil, 9 mois se sont écoulés et ils sont seuls dans une forêt, avec un jeune garçon ayant oublié son nom. Celui-ci, surnommé Racine, les presse de rester avec lui pour jouer ensembles et les met en garde contre les dangers du monde extérieur.

Nick et Allie y resteront sourds, pressés de savoir ce que sont devenus leurs parents. Ils partiront à leur recherche.

 

Mais l’Eternéant ne ressemble à rien de ce qu’ils connaissent. Invisibles aux yeux des vivants, condamnés à marcher pour ne pas s’enfoncer au cœur de la terre, ils ne trouvent refuge que dans des lieux disparus qui ont marqué l’histoire.

Le plus dangereux reste les autres enfants comme eux, appelés Illumières du fait de la luminosité qui se dégage d’eux. Ceux qui forment des clans attaquent les êtres isolés, pour s’accaparer les rares objets qui ont migrés dans l’Eternéant.

 

D’aventures en aventures, ils arriveront chez Mary. Celle-ci est depuis longtemps dans ce monde. Elle a écrit des ouvrages à l’attention des Illumières, pour les mettre en garde contre les dangers qui les menacent. Elle a aussi créé une communautés pour regrouper et protéger le plus d’Illumières.

Mais Allie, qui a un fort caractère, sent que derrière ces bonnes intentions se cachent d’autres projets. Hors de question pour elle de rester sous la coupe de Mary…

 

*****

 

Il est bien difficile de résumer ce livre sans trop en dire et sans en perdre tout ce qui en fait le sel.

 

Je dois avouer que tout d’abord, j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire. Je suis toujours un peu mal à l’aise avec les récits qui parlent de la mort d’enfants et de l’après-vie, même si Neal Shusterman amène les choses en douceur. Mais une fois qu’Allie et Nick commencent à vivre leurs aventures, cette impression de mal-être s’est vite estompée.

 

L’auteur adopte un point de vue original pour expliquer la présence de fantôme dans notre monde. Il crée des règles qui ne trouvent pas forcément d’explications (normal, on ne devient pas omniscient après la mort) mais qui semblent logiques.

Et puis je trouve assez fort son idée de faire passer dans l’Eternéant des lieux, des bâtiments et des objets qui ont été marqués par l’histoire de l’homme. Par exemple, y retrouver les tours du World Trade Center apporte un écho historique particulier et tragique.

 

Côté écriture, les personnages d’Allie et Nick sont bien dessinés, chacun avec ses défauts et ses qualités. Il est aussi appréciable de voir qu’ils évoluent au cours du récit, leur expérience les faisant évoluer après chacune des péripéties. Les autres personnages principaux sont également très bien décrits. Leur personnalité trouble, leur ambivalence en font des êtres intéressants.

Il s’agit aussi d’un récit truffés de références historiques et culturelles, qui donnent du relief au récit. On pense bien sûr à Sa majesté des Mouches de William Golding, pour le thème des communautés d’enfants laissées seules sans adultes. Il y a aussi une référence à Amityville et certainement plein d’autres qui m’ont échappées.

 

L’Eternéant montre donc encore une fois le talent et l’originalité de Neal Shusterman. Même si Les Fragmentés reste mon livre préféré de cet auteur, ce nouveau titre ne démérite pas. C’est avec plaisir que je lirai la suite de ce qui est annoncé comme une trilogie, car de nombreuses questions restent sans réponse.

 

Merci beaucoup à Anne et aux éditions du Masque / MSK pour cet envoi !

 

Première phrase : “Un jour comme les autres, dans un virage en épingle qui surplombait une forêt morte, une Toyota blanche percuta une Mercedes noire si violemment que leurs carrosseries fusionnèrent en un éclaire d’argent.”

 

Autres avis : Paikanne, Jiyaie.

 

L’Eternéant : la trilogie des Illumières / Neal Shusterman ; traduit de l’anglais par Alexandre Boldrini et Anne-Judith Descombey. – Editions du Masque – MSK, 2012.

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 07:00

douze-heures-avants-ambrosio.gifA Jérusalem, parmi d'autres personnes, nous suivons la journée de deux jeunes filles.

 

La première est Dima, 18 ans. Palestinienne, elle vit dans le camp de réfugiés de Deisha. Élève brillante, elle est fiancée à Darish. Pourtant, elle a le coeur lourd de voir les siens humiliés par les soldats, parfois tués pour rien. Alors elle a décidé d'agir et a fait savoir qu'elle voulait rencontrer Ghassan, l'expert en explosif. Ce soir ils verront.

 

La seconde est Myriam. Née en Israël, elle a grandi aux États-Unis. Avec Mickael, ils rêvaient de retourner là-bas. C'était leur but, leur objectif. Mais aujourd'hui, Mickael est mort dans un attentat. Qu'attendre de la vie à présent ?

 

Le destin des deux jeunes filles va se jouer dans les douze heures qui vont suivre.

 

*****

 

Gabriella Ambrosio, comme l'indique sa biographie dans le livre, est italienne et a été entre autre journaliste. Auteure de plusieurs essais, Douze heures avant est son premier roman. Il est recommandé par Amnesty International et est étudié dans les collèges et lycées italiens.

 

Sa force est de ne pas prendre partie dans le conflit israélo-palestinien et ne juge pas un camp ou l'autre. La fin de l'histoire est fortement prévisible, puisque des employés de la morgue font partie de la liste des personnages. Mais chaque personnage a la possibilité d'exprimer ses sentiments, son point de vue et son histoire personnelle. Cela permet de comprendre que la situation n'est pas manichéenne et plutôt complexe. Les protagonistes sont enfermés dans un cercle vicieux qui empire avec le temps et dont il est difficile voir impossible de sortir. De ce point de vue, ce roman constitue un bon point de départ pour un débat en classe.

 

Par contre, j'ai été terriblement déçu par la forme.

D'une part, écrire un roman choral avec autant de personnages n'est pas évident. Dans la liste des personnages située au début, 20 protagonistes sont cités. Si tous ne s'expriment pas, le début de la lecture est assez fastidieux. Les chapitres étant courts, il faut retourner souvent au début du livre pour savoir qui s'exprime : un jeune ou un adulte, un Palestinien ou un Israélien. C'est assez fatigant.

D'autre part, le style est parfois très lourd. Peut-être cela vient-il de la traduction, mais il est compliqué, plein de métaphores qui rendent les phrases longues. Un grand effort est demandé pour bien suivre le raisonnement contenu dans certains passages.

Enfin, les coïncidences sont un peu grosses. Elles ont  pour but rajouter de l'émotion et ajouter un symbole que l'on découvre à la fin. Ce dernier n'a peut être pas lieu d'être dans un récit qui est censé être tiré de faits réels.

 

Bref, je ne suis pas convaincu ni séduit par ce livre, qui aborde pourtant intelligemment un sujet difficile. Mais il se peut que je passe à côté d'un chef d'oeuvre, vu les recommandations dont il bénéficie. Donc, à vous de vous faire votre opinion.

 

*****

 

Première phrase : "Dima n'écoute pas Leila et sort de chez elle".

 

Autre avis :Christine

 

Douze heures avant / Gabriella Ambrosio ; traduit de l'italien par Lisa Caillat. - Gallimard jeunesse, 2011. - Collection Scripto.

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 07:00

grand-deballage-konigsburg.gifAmedeo Kaplan va sympathiser avec William Wilcox d'une drôle de manière : en vidant la maison d'une vieille dame. Mme Zender, ancienne cantatrice exubérante, va quitter sa demeure pour rejoindre une résidence pour personnes âgées. Elles va donc nombre de ses biens, précieux pour la plupart, de la vaisselle à ses meubles.

 

William intervient car c'est sa mère qui a été chargé d'évaluer les biens et d'évaluer la vente. Amedeo va se greffer car il est le voisin de Mme Zender et qu'il a été très impressionné lors de sa première visite : la cantatrice possède une sonorisation musicale tout à fait exceptionnelle. De plus, Amedeo a un rêve : trouver un trésor perdu.

 

Les deux garçons, malgré leurs différences, vont petit à petit se nouer d'amitié. William, grâce à sa ténacité, a en effet pu repérer lors d'une précédent vent un paravent précieux que des antiquaires professionnels avaient délaissé. Quant à Amedeo, avec un père artiste et un parrain directeur d'un centre culturel, il possède de précieuses connaissances sur l'histoire de l'art.

 

En vidant la maison, ils vont découvrir peu à peu la vie de Mme Zender, qui rôde toujours autour d'eux. Elle va leur raconter des bribes de sa vie, tantôt incroyable, tantôt qui sonnent vrais. Jusqu'au moment où Amadeo va enfin trouver un trésor, qui les entraînera vers la Grande Histoire.

 

*****

 

Il s'agit du premier livre de E. L. Konigsburg que je lis. D'après les indications contenues à la fin de l'histoire, Le grand déballage est à relier à deux autres titres de cet auteur, Plus un mot et Les huluberlus, l'ensemble formant une "sorte de trilogie anachronique". C'est une information importante car, après avoir lu ce roman, j'ai bien envie d'en découvrir plus.

 

D'abord, E. L. Konigsburg a un très joli style. L'écriture est belle et permet de se glisser dans une histoire qui lie la vie quotidienne d'aujourd'hui avec des évènements qui se sont déroulés pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle la met également au service de personnages qui ont tous une personnalité bien construite et une histoire personnelle que l'on découvre par touches. Amedeo, William et Mme Zender sont bien sûr ceux que l'on connaît le plus. Mais E. L. Konigsburg rend attachants même les personnages secondaires, comme la mère de William qui a une histoire douloureuse ou le parrain d'Amedeo, directeur culturelle un prétentieux mais très drôle également.

 

Concernant la plongée dans la Seconde Guerre mondiale, je ne veux pas trop en dire pour ne pas gâcher le plaisir de la lecture. On se doute rapidement de se qui va se passer. Mais quand tous les détails de l'histoire s'emboîtent, nous nous trouvons face à un récit émouvant, plein d'amour, de tolérance et de tristesse. J'ai vraiment été très touché par cette partie de l'histoire.

 

Enfin, Le grand déballage est un hommage rendu à l'art sous toutes ses formes. De la musique à la peinture, de nombreuses références et de nombreux artistes sont cités et fort bien intégrés dans le récit. Amedeo porte d'ailleurs le prénom de Modigliani. C'est aussi l'occasion de voir comment certains artistes ont été traités pendant la Seconde Guerre mondiale. A chaque étape du livre, on a donc une seule envie : avoir les toiles en face de soi, découvrir les morceaux pour mieux entrer dans l'histoire et partager ce que vivent Amedeo et William.

 

Vraiment, E. L. Konigsburg nous offre un roman riche, plein d'histoire, d'intelligence et d'émotions.

 

*****

 

Première phrase : "Le deuxième vendredi de septembre, en fin d'après-midi, Amedeo Kaplan descendit du car de ramassage scolaire dans un nuage d'insectes ailés".

 

Le grand déballage / E. L. Konigsburg ; traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Dominique Kugler. - Bayard jeunesse, 2011. - Collection Millézime.

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 07:00

florian_ferrier_creatures.gifOlympe, 15 ans, est en vacances en Italie avec sa famille. Comme toute adolescente qui se respecte, elle rechigne à accompagner ses parents en excursion et est en conflit permanent avec sa soeur aînée, qui est si parfaite. Tout basculera lors de la visite d'une vieille ville.

 

Ce jour là, un tremblement de terre précipitera Olympe dans un gouffre. Échappant de peu à la mort, elle se laissera guider par une petite fille dans une ancienne crypte vers une vierge de fer, cet instrument de torture du Moyen Age. En le touchant, elle perdra connaissance avant de se réveiller à l'hôpital.

 

Après cet évènement, des meurtres particulièrement sanglants vont être perpétrés. Deux inspecteurs de police, un italien et un suédois, vont mener l'enquête ensemble. Un mystérieux homme se mettra lui aussi en route, accompagné d'une jeune femme.

 

Olympe, elle, comprendra que la petite fille qu'elle a vu est un fantôme. Elle rencontrera également celui qui reposait dans la vierge de fer, Carthago. Celui-ci, sous un aspect de jeune homme, lui expliquera qu'il est une créature issue des profondeurs de l'histoire. Il était un guerrier sauvage et sans pitié.

Autrefois craint et respecté, son clan a été décimé lors du développement du christianisme. Lui a réussi à survivre grâce à un procédé de son invention, qui lui a toutefois enlevé une partie de sa force. Pour la retrouver, il a besoin de la jeune fille et des pouvoirs qu'elle commence à développer. Leur destin sont maintenant liés.

 

Mais Olympe est également la seule piste de ceux qui recherchent Carthago, en connaissant sa nature ou pas.

 

*****

 

L'histoire de Créatures m'a vraiment accroché. Elle est en effet très originale, en créant de toute pièce une créature très ancienne, proche des loups-garou, mais également très violente. En outre, le personnage de Carthago est très ambigu. C'est un tueur sanguinaire, mais, après son réveil par Olympe, on sent un léger changement.

Le personnage d'Olympe est également intéressant, puisque sa personnalité s'étoffe avec ses pouvoirs. Cette aventure est pour elle un véritable récit initiatique qui l'aide à grandir.

 

Les rebondissements et les scènes d'actions sont également très présentes. On ne s'ennuie pas une minute et le récit est mené  tambour battant. Les pièces du puzzle s'imbriquent petit à petit et on comprend mieux d'où vient Carthago, ce qu'il a vécu et ce qu'il cherche. L'enquête menée par les policiers permet également de découvrir les à-côtés de l'histoire, ce qu'Olympe ne voit pas. Par contre, les âmes très sensibles passeront leur chemin : certaines scènes sont assez violentes.

 

Cependant, je suis resté un peu sur ma faim une fois le livre fini. Il faudrait qu'il y ait un second tome, car il me semble que certaines pistes ont été ouvertes sans avoir été refermées. Par exemple, Carthago dit à Olympe qu'il est un Animus et qu'elle est son Anima. Qu'est-ce que cela veut dire ? Jusqu'à quel point sont-ils liés ? Et puis la perfection de la soeur d'Olympe est vraiment bizarre et souvent soulignée par l'auteur. Y a -t-il quelque chose dans l'histoire de leur famille ?

 

Créatures est donc un roman intrigant et original, qui mériterait cependant une suite pour mieux comprendre cet être fantastique.

 

*****

 

Première phrase : " J'ai faim".

 

Autre avis : Bit-Lit.com Le Blog

 

Créatures / Florian Ferrier. - Plon jeunesse, 2011.

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 07:00

Les-ailes-d-Alexanne-anne-robillard.jpgAlexanne, jeune adolescente de 15 ans, grandit tranquillement avec ses parents. Son père, d'origine russe, est aimant mais l'élève de manière assez stricte. En général, elle les accompagne chaque semaine chez des amis. Mais, pour la première fois, ils vont la laisser seule chez elle.

Ce geste lui sauvera la vie, puisque ses parents vont décéder dans un accident de voiture. Pour Alexanne, le choc est terrible : elle a vu dans un rêve ce qui leur est arrivé.

 

Pour ne pas la laisser seule, les services sociaux vont la placer chez sa tante. La jeune fille ne la connaît pas car d'une part elle habite dans les Laurentides, lieu sauvage situé loin de Montréal, et d'autre part son père ne s'entendait pas avec elle.

C'est donc avec apréhension qu'Alexanne rencontre sa dernière parente, décidée à lui mener la vie dure pour retourner rapidement à la ville, avec ses amies.

 

Elle va cependant changer progressivement d'avis. Sa tante Tatiana va lui expliquer certaines choses qui vont bouleverser sa vie. Alexanne, comme toutes les femmes de sa famille, sont des fées. Elles ont des pouvoirs, notamment de guérison, qu'elles doivent mettre au service des hommes. Le rêve que l'adolescente a fait sur l'accident de ses parents est en fait l'apparition du don de double-vue. Et les talents d'Alexanne iront en grandissant.

D'abord sceptique, la jeune fille découvrira progressivement tout un monde qu'elle ne connaît pas. Elle rencontrera des fées, Matthieu pour qui elle éprouve une irrésistible attirance, son sombre oncle Alexei qui porte plusieurs secrets en lui et surtout les anges, avec qui elle communique grâce à un cahier.

 

*****

 

Je ne sais pas chez vous, mais à la bibliothèque où je travaille les séries d'Anne Robillard, Les Chevaliers d'Emeraude et ANGE, sont toujours empruntées et toujours demandées par les jeunes. Aussi je me suis décidé à me plonger dans cette nouvelle série, qui est annoncée comme une trilogie.

 

Je dois dire que je me suis plutôt laissé prendre par cette histoire, facile à lire et agréable.

Le style est en effet très simple et ne présente pas de difficultés particulières. Tout coule de manière assez limpide et on se laisse emporter.

J'ai juste deux petites remarques. La première est que l'on sent parfois qu'Anne Robillard est québécoise et certaines tournures de phrases (j'ai mis un certain temps à comprendre que Nouvel Âge était la traduction de New Age) ont un petit côté exotique assez sympathique. L'autre concerne le fait que la tante d'Alexanne demande l'installation d'une télé pour la jeune fille... et d'un magnétoscope ! A l'heure des DVD et autres Blue-ray, je m'interroge sur l'âge de ce texte ou sur le modernisme de l'auteur. Mais bon, rien d'insurmontable.

 

Étant un premier volume, l'histoire est constituée de petits épisodes qui permettent de mettre en place l'action (du moins je l'espère).

Anne Robillard a fait preuve d'une certaine imagination en créant tout un monde de magie, mélange de religion et de croyances populaires sur le petit peuple et les pouvoirs de la nature. Les anges sont très présents, alors anti-religieux passez votre chemin ! Elle en profite cependant pour faire passer des messages de tolérance qui sont les bienvenus. Et sa théorie sur la réincarnation m'a beaucoup fait penser aux Thanatonautes de Bernard Werber.

Quant aux personnages, ils sont plutôt bien brossés, chacun dans leur genre. On s'attache à eux assez facilement. Finalement, je crois que celle que j'aime le moins c'est Alexanne. Elle a en effet un comportement très changeant. Mais son caractère s'affirme au cours du roman, ce qui est assez normal, puisqu'élevée de manière stricte, elle doit faire face à un deuil avant de découvrir un monde assez irréaliste pour elle au début.

 

Cette lecture est donc très agréable (surtout en cette période estivale) et permet de passer un bon moment, en rêvant que la magie existe peut être là où on ne s'y attend pas.

 

*****

 

Première phrase : "Un doux printemps tira le Québec de sa torpeur dès les premières jours de mai."

 

D'autres avis : Hérisson

 

Les Ailes d'Alexanne, volume 1 : 4h44 / Anne Robillard. - Michel Lafon, 2011.

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 07:00

premiere-fois-scripto.gifLa première fois est un recueil de 8 nouvelles, regroupées par Keith Gray. Le thème qui les réunit est, comme le montre sans ambiguïté la couverture, la première fois sexuelle.

 

Keith Gray ouvre le bal avec But. Dans cette histoire, le meilleur joueur de foot de l'équipe doit passer la nuit seule avec sa copine. Mais c'est aussi la veille d'un grand match. Leur entraîneur leur demande donc une abstinence totale. Entre le match d'une vie et sa première fois, quelle option choisir ?

 

Le second récit est intitulé Majorité sexuelle est écrit par Jenny Valentine. Il relate un repas de famille hilarant, où la doyenne de 73 ans commence à parler de sexe et de ses expériences. Si les parents sont médusés, les adolescents sont plutôt curieux de tout savoir.

 

Entrée en matière est la nouvelle de Melvin Burgess. Un jeune garçon va se faire passer pour plus âgé pour coucher avec une fille populaire. Mais quand la vérité éclatera, il portera ce fardeau pendant très longtemps.

 

Patrick Ness continue avec Ça se passe autrement pour les garçons. Difficile d'en dire trop sans gâcher le suspens de cette histoire parlant d'homosexualité masculine. On peut juste dire qu'il s'agit de l'histoire de Ant, un ado cherchant à assumer son homosexualité et son premier amour.

 

Charlotte de Mary Hooper est un récit plus historique. Il raconte jusqu'où sera obligée d'aller Charlotte, jeune adolescente orpheline devant élever seule ses deux frères.

 

Sophie McKenzie nous livre C'est comme ça. Dans cette histoire, deux regards s'opposent. Celui du garçon obsédés par le sexe et celui de la jeune fille qui veut lui faire plaisir. Mais dans le fond, aucun n'a les bonnes motivations.

 

La serviette blanche de Bali Rai nous transporte en Inde. Ce récit nous rappelle que dans certaine culture la virginité d'une jeune fille est un bien précieux et que les rumeurs peuvent provoquer de grands malheurs.

 

Enfin Faire l'amour ou le trouver d'Anne Fine clôture en beauté le recueil. Avec beaucoup d'humour, elle oppose le regard d'une enseignante sur la sexualité, sur ce qu'elle a vécu et qui y repense à l'occasion d'un cours d'éducation sexuelle. Elle mesure alors le fossé qui la sépare de la nouvelle génération.

 

*****

 

Ce recueil est vraiment un excellent livre. La difficulté quand plusieurs récits se côtoient est que le niveau est parfois inégal. Ce n'est heureusement pas le cas ici. Chaque auteur livre une histoire originale, qui trouve sa place par rapport aux autres et offre un regard original sur la sexualité des jeunes.

 

A vrai dire, j'ai adoré toutes les histoires, leur trouvant à chaque de bonnes qualités. Là où j'apprécie moins, c'est plutôt le point de vue de certains auteurs sur la première fois.

Par exemple, je n'aime pas la vision de Melvin Burgess. Comme dans son roman Une idée fixe, je trouve qu'il décrit une sexualité plutôt dure, qui entraîne de nombreux soucis par rapport aux autres. Après, ce n'est qu'un point de vue personnel, et il a certainement raison par certains côtés.

 

Ce recueil est également très intéressant de permettre de découvrir comment la sexualité était vécue autrefois ou est toujours vécue dans d'autres pays. Cela permet de prendre conscience que dans les pays occidentaux, les jeunes jouissent aujourd'hui d'une grande liberté. Se pose alors d'autres soucis, comme la question de la pression sociale ou de l'envie de sauter le pas.

 

Sur mon podium, je mets d'abord Ça se passe autrement pour le garçons de Patrick Ness, pour son réalisme, son optimisme et son humour. Puis Majorité sexuelle de Jenny Valentine, pour son humour et sa pédagogie tout en finesse. Enfin La serviette blanche de Bali Rai pour son côté poignant.

Mais je le répète, toutes les nouvelles sont excellentes.

 

Ce recueil est donc à mettre dans toutes les mains, et pas seulement dans celles des ados. Une lecture inter-générationnelle pourrait même être l'occasion d'une discussion.

 

*****

 

Premières phrases :

"Ça faisait mal."

"C'est Dora qui a commencé."

"C'était un jeudi soir au Rio."

"Bon, si jeu veux être honnête dès le début, voilà à peu près tout ce que j'ai fait (ce n'est pas si terrible que ça en a l'air)."

"Lorsque la mère de Charlotte mourut, il n'y avait pas d'argent pour l'enterrer, aussi son corps resta-t-il là où elle avait rendu son dernier soupir, dans un coin de la petite pièce où ils vivaient, ruelle St Giles."

"Maman et papa se disputaient en bas."

"Maisie a eu l'air de me prendre pour une folle."

"Maintenant que la récré est finie, j'ai les Troisième B pour l'EPDPS."

 

La première fois. Nouvelles traduites de l'anglais par Laetitia Devaux et Emmanuelle Casse-Castric. Gallimard jeunesse, 2011. Collection Scripto.

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 11:08

malediction-sang.gifDepuis un an, Ellen est atteinte d'une drôle de maladie : elle est toujours fatiguée et affaiblie et les médecins ne savent pas pourquoi. En repos forcé chez sa grand-mère, elle va trouver au grenier des vieux journaux. Il s'agit de ceux tenus en 1878 par son arrière-arrière-grand-mère Ellen Laidlaw. Elle fut une des femmes médecins les plus connues pour ses travaux sur le sang.

 

Or, quand la Ellen d'aujourd'hui lit ses carnets écrits au XIXème siècle par une fille de son âge, elle fait une découverte bizarre. Le père de son aïeule soignait un vampire et celui-ci avait des vues sur la jeune fille. Ellen comprend tout de suite de quoi il en retourne, mais pas son arrière-arrière-grand-mère, car à cette époque, le livre de Bram Stocker n'était pas encore paru.

 

Aidée par Andy, un ami d'enfance (et même un peu plus maintenant), Ellen va retracer l'histoire de son aïeule et tenter de comprendre comment le mal dont elle souffre aujourd'hui pourrait être lié à ce passé familial

 

*****

 

Celia Rees est l'auteure de l'inoubliable Journal d'une sorcière et du complexe Testament de Stone. Elle se lance ici dans une veine qui est très à la mode : les histoires de vampires.

 

Et celui de Celia Rees, le comte Fransz Szekelys, est dans une lignée classique : terre consacrée, amateur de sang, pas de reflet dans le miroir... Il n'en reste pas moins que le récit est plutôt prenant. D'abord, le rapport passé/présent où l'on sait très bien que la Ellen du XIXème siècle est face à un vampire alors qu'elle l'ignore. Ensuite dans la troisième partie qui devient plus une course-poursuite.

 

Certains passages sont très bons et les ambiances sont bien décrites. Il est certain que je n'aimerais pas croiser le comte dans une rue sombre du Londres du XIXème siècle. A un moment, j'ai même pensé à Jack l'Eventreur. Autant vous dire qu'on s'y croit.

 

Pourtant, certains petits détails m'ont dérangé, notamment la grande facilité avec laquelle les personnages affrontent les épreuves. Ce qui est d'abord décrit comme insurmontable se trouve résolu avec une facilité déconcertante. La corde est un peu grosse parfois.

 

Malédiction du sang est donc un livre intéressant, avec des passages excellents, mais est loin d'être mon roman préféré de Celia Rees.

 

Les avis de Sophie Pilaire et de Mina.

 

Malédiction du sang / Celia Rees ; trad. de l'anglais par Anne-Judith Descombay. - Seuil, 2011.

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 21:23

tout-pres-bout-monde-lethielleux.gifUne ferme, dans un lieu appelé le Bout du monde. Trois jeunes vont s'y retrouver et, encouragés par Marlène, la maîtresse des lieux, ils vont écrire leur journal. Grâce à leurs écrits, nous allons pouvoir mieux les connaître.

 

Il y a d'abord Malo, 11 ans. Il a été séparé de celle qu'il appelle Cynthia et avec qui il vivait. S'il trouve chez Marlène un certain réconfort, il souffre de ne plus être chez lui. Quand il commence à écrire, il souffre de problème de digestion. Résultat, il se réfugie souvent dans les toilettes, mais s'il ne fait rien.

 

La seconde à s'exprimer, c'est Jul. Son journal est un ensemble de lettres qu'elle adresse à Ley. On comprend bien qu'ils ont été amoureux mais qu'un drame a eu lieu. Quand nous la découvrons, elle souffre beaucoup, moralement et physiquement et est repliée sur elle-même.

 

Solam est le dernier à écrire. Cet adolescent crie sa révolte et sa colère à travers des messages qu'il laisse à Marlène. Il lui en veut terriblement et ne la supporte pas. Il n'apprécie pas plus les deux autres, qu'il surnomme Boule Puante et l'Anorexique. Pourtant, il écrit souvent la vérité que personne d'autre ne veut voir.

 

Tous les quatre vont mettre du temps à s'apprivoiser. Ils vont pourtant y arriver, se dévoilant par petites touches, découvrant leur passé et leurs blessures progressivement. Autour de la grange en rénovation, de la nature qui change au gré des saisons et de leurs sorties en ville, ils vont tout doucement guérir...

 

******

 

J'avoue avoir été assez bluffé par ce titre de Maud Lethiellieux, que je découvre à cette occasion. C'est un livre que j'ai pris comme ça, un peu au hasard. Et ce fut une très belle découverte.

 

Le rythme lent permet d'apprécier l'évolution de Malo, Jul et Solam. Ces trois ados et presque ados ont vraiment des histoires personnelles différentes, mais toutes les trois très dures. Ils les vivent mal au début, sans forcément s'en rendre compte. Ce n'est que progressivement qu'ils vont comprendre leur douleur et pouvoir les dépasser. Leur placement chez Marlène est une chance pour eux, et pour elle aussi.

 

Ce qui m'a vraiment plu, c'est le talent de Maud Lethiellieux à passer d'un personnage à l'autre, tout en leur donnant une personnalité propre. Nous lisons à tour de rôle leur journal, ce qui permet de voir comment évoluent leurs pensées et aussi de voir un même évènement sous différents angles. Et l'on s'aperçoit qu'une parole n'est pas toujours perçue de la même manière, de même que les évènements n'ont pas la même signification pour chacun.

 

Ce livre n'est pas triste mais optimiste, pas misérabiliste mais humain, pas facile mais prenant. Un vrai coup de coeur.

 

A partir de 14 ans.

 

Le site de Maud Lethielleux.

 

Les avis de Pimprenelle, Sylire, Saxaoul et Marie, qui ont toutes apprécié.

 

Tout près, le bout du monde / Maud Lethielleux. - Flammarion, 2010. - Collection Tribal.

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 08:03

etoiles-au-plafond-johanna-tydell.gifJenna est une adolescente presque comme les autres. Elle a une meilleure amie qui s'appelle Susanna, avec qui elle partage tout. Il y a le beau Sakki, qu'elle aime en secret : elle écrit dans un cahier tout ce qui a un rapport avec lui. Et puis le y a Pénélope, Pénélope-la-Salope, la fille la plus populaire qui ne s'intéresse pas à une fille comme elle. En plus, Jenna, Sakki et Pénélope habitent dans le même immeuble.

 

Il y a aussi autre chose dans la vie de Jenna : sa maman a un cancer. Et ça, ce n'est vraiment pas juste. Elles s'aiment beaucoup toutes les deux, mais la maladie fatigue énormément sa mère et bouscule leur quotidien. Souvent, Grand-Mère vient à la maison et demande toujours à Jenna de faire plus d'efforts. Heureusement, il y a aussi Marita, l'amie de maman, qui est toujours joyeuse.

 

Malgré tout, Maman est de plus en plus faible. Alors Jenna a caché un secret dans une des étoiles fluorescentes collées au plafond de sa chambre. Un petit bout de papier où il est écrit : "Si tu meurs maman, je me suiciderai".

 

*****

 

Il y a à la fois peu de choses et plein de choses à raconter dans ce magnifique roman. Johanna Tydell raconte une histoire composée de plein de petits éléments, de petits gestes, de petits mots, de petites sensations pour expliquer ce que peut ressentir Jenna.

 

Elle le fait de manière neutre, en parlant de Jenna à la troisième personne, mettant ainsi une distance entre elle et son personnage. Pourtant, le texte n'en est que plus fort et plus émouvant.

 

J'ai vraiment été touché par l'histoire de cette adolescente tiraillée entre l'envie de vivre et celle de mourir avec sa mère, celle qui est au centre de son univers. Cette tension est remarquablement racontée par l'auteure, à nous en arracher des larmes.

Heureusement, Jenna trouvera une alliée en la personne de Pénélope, celle-ci vivant une situation à la fois proche et différente de la sienne. Cela prouve aussi que derrière les apparences se trouvent des doutes et des blessures parfois profondes.

 

Face à ce combat, Johanna Tydell a créé avec Jenna un personnage beau et courageux, une héroïne du quotidien.

 

L'avis de Clarabel.

 

Des étoiles au plafond / Johanna Tydell ; trad. du suédois par Agneta Ségol. - Thierry Magnier, 2010.

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 09:58

sans_la_tele_guillaume-gueraud.jpgTous ses amis ont la télé, sauf lui. Ils parlent tous de Starsky et Hutch, de Zorro et de Laura Ingalls. Lui, la famille Ingalls, il ne sait même pas où elle habite. Et quand le petit Guillaume demande à sa mère pourquoi ils n'ont pas la télévision, elle lui répond que "c'est pour les vieilles personnes qui ne savent plus quoi faire de leur vie". Et puisqu'il insiste, elle l'emmène au cinéma.

 

Pour Guillaume, c'est le début d'une grande découverte, qui va guider une partie de sa vie durant son enfance et son adolescence. Si au départ il ne comprend pas tout, il y a quand même des scènes qui marquent pour toujours : un rat blanc aux yeux rouges, une femme qui crache du sang, un enfant qui se jette d'un immeuble...

 

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Difficile de raconter plus sans dévoiler tout le sel de roman qui contient certainement une bonne part d'autobiographie. Guillaume Guéraud est très fort pour nous faire revivre ses souvenirs cinématographiques. Même avec son regard d'aujourd'hui, il arrive à nous faire comprendre ce qu'il a ressenti à l'époque. C'est très réussi.

 

Côté style, j'ai retrouvé tout ce que j'aime dans ses romans. Beaucoup de réalisme, une pointe d'humour, une certaine violence, une certaine nostalgie et énormément de talent.

 

Au-delà de cet aspect, c'est le récit d'un passionné de cinéma, qui montre comment le septième art trouve des échos dans la vie réelle et l'influence. Ou comment Jennifer Jones devient une icône érotique pour un adolescent, comment la violence de Scarface guérit des tics, comment la Strada est le premier film à arracher des larmes.

 

Ces souvenirs, évoqués en quelques pages, sont étonnamment puissants. J'ai été vraiment touché par tous ces épisodes d'une vie passée et pas tellement éloignée. Guillaume Guéraud donne envie de découvrir les films qu'il cite, parce qu'on sent qu'ils ont quelque chose de particulier. Et que, bien à l'intérieur de moi, j'espère qu'ils me toucheront autant que lui.

 

Guillaume Guéraud montre aussi autre chose. Ce qui compte finalement, ce n'est pas à quel âge on voit un film, mais avec qui, ce qu'il laisse dans son esprit et comment il fait écho à notre vie.

 

Les avis de Gaëlle et Ulaz.

 

Sans la télé / Guillaume Guéraud. - Ed. du Rouergue, 2010. - Collection DoAdo.

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