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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 14:37

A la suite de Liberlibri, qui présente l'épreuve de dissertation et de note de synthèse du concours de conservateur externe, voici le sujet de l'étude de cas pour le concours de bibliothécaire interne.

 


Etude de cas portant sur les aspects de la gestion d'une bibliothèque ou d'un réseau documentaire

Durée : 4 heures

Coefficient 4

 

Vous êtes bibliothécaire au SCD de l'Université d'Alembert, affecté(e) à la BU pluridisciplinaire Centre-ville, et avez entre autres la responsabilité des collections de sciences et sciences de l'ingénieur.

En février 2009, le directeur de l'IUT A voisin -il se trouve à 300 mètres de la BU- a fait part à votre directrice de deux problèmes : sa bibliothèque (associée au SCD) connaissait une baisse constante de la fréquentation ; parallèlement, l'IUT manquait de place pour ses activités de formation continue.

L'étude fondée sur l'analyse du catalogue collectif du SCD et sur les statistiques fournies par le SIGB commun et l'Enquête statistique générale auprès des bibliothèques universitaires a conclu à la faisabilité de l'opération, malgré une légère insuffisance des espaces en libre accès de la BU. L'intégration complète de la bibliothèque a donc été proposée aux instances compétentes, qui l'ont validée.

 

En septembre 2010, vous recevez délégation de votre directeur pour conduire ce projet qui devra être opérationnel à la rentrée 2011. Conscient(e) des enjeux, mais aussi des difficultés de l'entreprise, vous rédigerez une note à l'attention du directeur de la bibliothèque exposant (en vous appuyant sur les documents fournis) la méthode, le calendrier et les moyens -tant matériels qu'humains et organisationnels- que vous comptez mettre en oeuvre pour que les étudiants et les personnels de l'IUT soient accueillis dans les meilleures conditions dans leur nouvelle bibliothèque à compter du 1er septembre 2011. Vous ferez aussi toutes les préconisations utiles pour assurer sur la durée la prise en compte de leurs besoins.

 

Dossier joint (9 pages) :

- Document 1 : Organigramme de l'Université d'Alembert

- Document 2 : Le SCD de l'Université d'Alembert

- Document 3 : Le cadre réglementaire

- Document 4 : L'IUT A

- Document 5 : La BU Centre-ville

- Document 6 : Synthèse des principales données quantitatives


 

On passera sur le fait que dans l'exposé la directrice qui se transforme en directeur (ah, les mouvements de personnel) et que dans l'organigramme du SCD que des noms personnes soient indiqués sans que l'on sache si c'est nous ou pas.

 

Contrairement au dernier concours de bibliothécaire de 2009, qui comportait une question relative à la gestion d'une bibliothèque, cette session se rapproche de ce qu'on peut trouver dans le concours territorial, la note de synthèse en moins. Et si, comme le souligne le rapport de l'IGB, on pouvait se projeter en 2009 dans le cadre d'une bibliothèque de lecture publique ou universitaire, ce n'est plus le cas ici. Du coup, peu familier des BU, je crains d'avoir loupé un aspect important du milieu universitaire. Mais bon, la base métier est la même.

 

Alors quand on ferme une structure pour l'intégrer dans une autre, on parle collections, personnel, déménagement, communication et formation des usagers. Les documents fournissaient assez de billes pour s'en sortir, malgré un côté foisonnant (que faire par exemple des cotes validées du SCD en sciences et sciences de l'ingénieur des classes 0 et 6 ?).

 

Pour la présentation, j'ai fait un classique deux parties / deux sous-parties, avec un plan progressif (travail interne préalable, déménagement, communication, formation). La préparation au concours de bibliothécaire territorial s'applique très bien sur ce sujet, qui est proche de ce que j'ai pu préparer (le côté universitaire en plus). On verra si ces impressions se confirment.

 

D'une manière générale, je trouve que ce type de sujet est bien adapté à un concours interne, basé sur l'expérience. Le tout garde un côté artificiel mais reste très pragmatique et en lien avec le métier. Donc, plutôt positif.

 

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 21:23

tout-pres-bout-monde-lethielleux.gifUne ferme, dans un lieu appelé le Bout du monde. Trois jeunes vont s'y retrouver et, encouragés par Marlène, la maîtresse des lieux, ils vont écrire leur journal. Grâce à leurs écrits, nous allons pouvoir mieux les connaître.

 

Il y a d'abord Malo, 11 ans. Il a été séparé de celle qu'il appelle Cynthia et avec qui il vivait. S'il trouve chez Marlène un certain réconfort, il souffre de ne plus être chez lui. Quand il commence à écrire, il souffre de problème de digestion. Résultat, il se réfugie souvent dans les toilettes, mais s'il ne fait rien.

 

La seconde à s'exprimer, c'est Jul. Son journal est un ensemble de lettres qu'elle adresse à Ley. On comprend bien qu'ils ont été amoureux mais qu'un drame a eu lieu. Quand nous la découvrons, elle souffre beaucoup, moralement et physiquement et est repliée sur elle-même.

 

Solam est le dernier à écrire. Cet adolescent crie sa révolte et sa colère à travers des messages qu'il laisse à Marlène. Il lui en veut terriblement et ne la supporte pas. Il n'apprécie pas plus les deux autres, qu'il surnomme Boule Puante et l'Anorexique. Pourtant, il écrit souvent la vérité que personne d'autre ne veut voir.

 

Tous les quatre vont mettre du temps à s'apprivoiser. Ils vont pourtant y arriver, se dévoilant par petites touches, découvrant leur passé et leurs blessures progressivement. Autour de la grange en rénovation, de la nature qui change au gré des saisons et de leurs sorties en ville, ils vont tout doucement guérir...

 

******

 

J'avoue avoir été assez bluffé par ce titre de Maud Lethiellieux, que je découvre à cette occasion. C'est un livre que j'ai pris comme ça, un peu au hasard. Et ce fut une très belle découverte.

 

Le rythme lent permet d'apprécier l'évolution de Malo, Jul et Solam. Ces trois ados et presque ados ont vraiment des histoires personnelles différentes, mais toutes les trois très dures. Ils les vivent mal au début, sans forcément s'en rendre compte. Ce n'est que progressivement qu'ils vont comprendre leur douleur et pouvoir les dépasser. Leur placement chez Marlène est une chance pour eux, et pour elle aussi.

 

Ce qui m'a vraiment plu, c'est le talent de Maud Lethiellieux à passer d'un personnage à l'autre, tout en leur donnant une personnalité propre. Nous lisons à tour de rôle leur journal, ce qui permet de voir comment évoluent leurs pensées et aussi de voir un même évènement sous différents angles. Et l'on s'aperçoit qu'une parole n'est pas toujours perçue de la même manière, de même que les évènements n'ont pas la même signification pour chacun.

 

Ce livre n'est pas triste mais optimiste, pas misérabiliste mais humain, pas facile mais prenant. Un vrai coup de coeur.

 

A partir de 14 ans.

 

Le site de Maud Lethielleux.

 

Les avis de Pimprenelle, Sylire, Saxaoul et Marie, qui ont toutes apprécié.

 

Tout près, le bout du monde / Maud Lethielleux. - Flammarion, 2010. - Collection Tribal.

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 08:00

Bonjour,

Je relaie ici un texte proposé par Mémoire de Silence et qui sera publié simultanément sur plusieurs blogs de bibliothécaires. Je soutiens totalement ces propos. Les collègues de la bibliothèque départementale de la Somme ont mené un formidable travail, qui n'a pu aboutir pour cause d'une censure incompréhensible.

 

La censure. Une affaire ancienne ?

 

En décembre 2008, la revue Bibliothèque(s) de l'ABF publiait un numéro consacré à cette thématique. Dans son introduction au dossier, Michel Melot, ancien président du Conseil supérieur des bibliothèques faisait remarquer qu' "une des leçons que l'on peut tirer [des censures subies], sur laquelle il est possible d'agir, est l'isolement des bibliothécaires victimes de censures de la part de leurs tutelles".

 

Pour témoigner de son engagement, qui est celui de tous les bibliothécaires, pour la liberté d’expression, l'ABF (l'Association des Bibliothécaires de France) a décidé de briser cet isolement, de soutenir les auteurs et les professionnels censurés - notamment les collègues de la BDP de la Somme et de publier le catalogue de l'exposition "Quand les illustrateurs de jeunesse dessinent pour les grands" sur-titrée "Pour adultes seulement".

 

 

25 illustrateurs pour la jeunesse mondialement connus ont été conviés à dessiner « pour les grands », parmi eux : Bachelet, Claveloux, Gauthier, Heitz, Joos, Lemoine, Maja, Nicollet, Ungerer, Zaü, Zullo, auxquel s’est joint Leo Kouper, le grand affichiste auteur de l’affiche d’Emmanuelle et de Le père Noël est une ordure. Ils ont récoltés de nombreux prix, été publiés par les plus grands éditeurs, en France et dans le monde, dans la presse, du Monde au New Yorker, en passant par le Magazine littéraire ou Lire…


L’exposition prévue à la Bibliothèque de prêt de la Somme a été interdite 11 jours avant son vernissage par son commanditaire, le conseil général.


La presse nationale (Le Monde, Libération, Le Nouvel Observateur, Le Canard enchaîné, Art Press, France Inter, France Culture…), ainsi que l’Observatoire de la censure et la Ligue des Droits de l’Homme se sont élevés contre ce cas de censure brutal et stupide.

 

Une large sélection de l’exposition interdite (31 dessins drôles et émouvants) et les projets d’affiches de Léo Kouper (Emmanuelle) sont précédés d’un historique de l’affaire et suivis d’un éloquent florilège de la presse.

 

Pascal Wagner, président de l'ABF, en préface au catalogue explique : "En décidant de publier le présent catalogue d'une exposition élaborée par une bibliothèque dans le cadre de ses interventions culturelles et déprogrammée par la tutelle administrative de ladite bibliothèque, l'ABF souhaite émettre un signal à propos du problème récurrent de la censure en bibliothèque - une piqûre de rappel, en quelque sorte."

 

Chers collègues, chers lecteurs, si vous voulez vous procurer ce catalogue, soutenir le travail de nos collègues, ne pas laisser le silence nous dicter sa loi, dirigez vous directement vers le libraire de votre marché public (pour les bibliothèques) ou sur le site de l'ABF (pour tous). Et faites connaître ce livre dans votre bibliothèque...

 

Laissons Michel Melot conclure : " Rien ne sert de se flatter de liberté nationale : l'histoire nous apprend que la censure a une longue histoire en France et que ses formes actuelles s'ancrent dans la tradition d'un pouvoir central fort et d'une administration puissante, qui laissent le citoyen souvent démuni. Tel est le bibliothécaire, sans défense devant une tutelle qui lui dicterait une politique sectaire contraire à ses propres idéaux. Les grands principes ne servent à rien dans une bonne justice".

 

Pour adultes seulement 80 p., 31 planches quadri, 21x23 cm, sous couverture quadri avec rabats et sous bande rouge : « Couic sur la chose » (Le Canard enchaîné).

Prix : 13 € / ISBN : 978-2-900177-35-8

Diffusion : ABIS, 31, rue de Chabrol – 75010 Paris / Tél. 01 55 33 10 30 / Fax 01 55 33 10 31

Sortie le 20 novembre.

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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 21:08

les_gouttes_de_dieu_1.jpgShizuku Kanzaki est commercial pour les bières Taiyo. Il est aussi le fils du célèbre oenologue Yutaka Kanzaki. Mais, par opposition à son père, il ne doit jamais de vin.

 

Le jour où celui-ci décède, Shizuku sera mis face à un grand défi. Pour obtenir l'héritage de son père, il devra découvrir douze grands vins, les apôtres, ainsi que le meilleur de tous, les Gouttes de Dieux. Il apprend par la même occasion qu'il a un frère adoptif, Issei Tomine, et que celui-ci est un oenologue de génie. Le combat perdu semble perdu d'avance.

 

Yukata n'a cependant pas laissé Shizuku sans armes. Il l'a élevé à sa manière, lui faisant goûter toutes sortes d'aliments et de matière, le faisant voyager, découvrir l'art et les pays, le poussant à se laisser porter par ses sensations et en lui apprenant à décanter parfaitement n'importe quel liquide.

 

Ceci fait de lui potentiellement un excellent dégustateur de vin, capable de ressentir toutes les subtilités de ce breuvage et de décrire de manière parfaite ce qu'il lui inspire. Seulement voilà, le vin, il faudrait qu'il en boive. Le déclic et la passion viendront grâce à Miyabi  Shinohara, une apprentie sommelière, aux connaissances théoriques très larges.

 

Ensemble, ils vont se lancer à la recherche des apôtres et des Gouttes de Dieu. Cette grande quête sera aussi une aventure humaine. De rencontres en rencontres, ils découvriront tout le potentiel de cette boisson, les passions et les émotions que cette boisson peut déclencher.

 

*****

 

Gouttes-de-Dieu-tome-2.jpgJe dois l'avouer : au départ, l'idée de parler de vin dans un manga me paraissait bizarre et je craignais de m'ennuyer. Ces idées préconçues ont toutes sauté dès le premier volume.

 

J'ai d'abord apprécié le trait si fin de Shu Okimoto. D'une part, il arrive rien qu'avec du noir et blanc à montrer la robe d'un vin et les reflets qui y apparaissent. C'est une véritable prouesse. Il représente également très bien les tableaux et les scènes où la dégustation d'un vin peut nous emmener. Il commence par des détails, avant que la scène s'élargisse, jusqu'à occuper parfois une double page. On comprend alors très bien ce que ressentent les personnages.

 

Ensuite, j'aime beaucoup comment Tadashi Agi met en scène ses personnages et les lance dans une quête pour le mois difficile. Qui, en effet, serait capable de trouver le bon cru du bon millésime juste avec un court texte littéraire ? Peu importe tout cela, car on est avec Shizuki et Miyabi et on a envie qu'il batte le mystérieux, prétentieux et ambigu Issei. Il faudra tout de même s'armer de patience, car au douzième volume, seuls trois apôtres ont été dévoilés.

Pour nous faire patienter entre chaque révélation, Shizuku et Miyabi rencontrent différents personnages qui les poussent à découvrir de nouveaux vins : réanimer un amour ancien, retrouver la mémoire, prouver que vins français et vins italiens se valent, réfléchir à la synergie entre un vin et un plat... A chaque fois, ils en apprennent un peu plus, Shizuku sur la théorie et Miyabi sur la dégustation. Ces courtes histoires sont sympathiques et rafraîchissantes.

 

Depuis que j'ai commencé cette série, j'ai eu l'occasion de voir quelques reportages à la télévision car les auteurs se sont inspirés de vrais viticulteurs. Toutes les bouteilles qui apparaissent dans l'histoire existent réellement. Il paraît que cela a créé un véritable engouement au Japon et que les crus cités sont maintenant difficile à trouver. Si quelqu'un a une source pour vérifier cela, je suis preneur !

 

Personnellement, maintenant, à chaque fois que je bois un vin, j'espère toujours être transporté dans un champ de tournesol et de prendre la main d'une déesse grecque. Mais ça ne m'est jamais arrivé . Et vous ?

 

Les Gouttes de Dieu (volume 1 à 12) / histoire de Tadashi Agi et dessins de Shu Okimoto. - Glénat.

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 08:03

etoiles-au-plafond-johanna-tydell.gifJenna est une adolescente presque comme les autres. Elle a une meilleure amie qui s'appelle Susanna, avec qui elle partage tout. Il y a le beau Sakki, qu'elle aime en secret : elle écrit dans un cahier tout ce qui a un rapport avec lui. Et puis le y a Pénélope, Pénélope-la-Salope, la fille la plus populaire qui ne s'intéresse pas à une fille comme elle. En plus, Jenna, Sakki et Pénélope habitent dans le même immeuble.

 

Il y a aussi autre chose dans la vie de Jenna : sa maman a un cancer. Et ça, ce n'est vraiment pas juste. Elles s'aiment beaucoup toutes les deux, mais la maladie fatigue énormément sa mère et bouscule leur quotidien. Souvent, Grand-Mère vient à la maison et demande toujours à Jenna de faire plus d'efforts. Heureusement, il y a aussi Marita, l'amie de maman, qui est toujours joyeuse.

 

Malgré tout, Maman est de plus en plus faible. Alors Jenna a caché un secret dans une des étoiles fluorescentes collées au plafond de sa chambre. Un petit bout de papier où il est écrit : "Si tu meurs maman, je me suiciderai".

 

*****

 

Il y a à la fois peu de choses et plein de choses à raconter dans ce magnifique roman. Johanna Tydell raconte une histoire composée de plein de petits éléments, de petits gestes, de petits mots, de petites sensations pour expliquer ce que peut ressentir Jenna.

 

Elle le fait de manière neutre, en parlant de Jenna à la troisième personne, mettant ainsi une distance entre elle et son personnage. Pourtant, le texte n'en est que plus fort et plus émouvant.

 

J'ai vraiment été touché par l'histoire de cette adolescente tiraillée entre l'envie de vivre et celle de mourir avec sa mère, celle qui est au centre de son univers. Cette tension est remarquablement racontée par l'auteure, à nous en arracher des larmes.

Heureusement, Jenna trouvera une alliée en la personne de Pénélope, celle-ci vivant une situation à la fois proche et différente de la sienne. Cela prouve aussi que derrière les apparences se trouvent des doutes et des blessures parfois profondes.

 

Face à ce combat, Johanna Tydell a créé avec Jenna un personnage beau et courageux, une héroïne du quotidien.

 

L'avis de Clarabel.

 

Des étoiles au plafond / Johanna Tydell ; trad. du suédois par Agneta Ségol. - Thierry Magnier, 2010.

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 09:58

sans_la_tele_guillaume-gueraud.jpgTous ses amis ont la télé, sauf lui. Ils parlent tous de Starsky et Hutch, de Zorro et de Laura Ingalls. Lui, la famille Ingalls, il ne sait même pas où elle habite. Et quand le petit Guillaume demande à sa mère pourquoi ils n'ont pas la télévision, elle lui répond que "c'est pour les vieilles personnes qui ne savent plus quoi faire de leur vie". Et puisqu'il insiste, elle l'emmène au cinéma.

 

Pour Guillaume, c'est le début d'une grande découverte, qui va guider une partie de sa vie durant son enfance et son adolescence. Si au départ il ne comprend pas tout, il y a quand même des scènes qui marquent pour toujours : un rat blanc aux yeux rouges, une femme qui crache du sang, un enfant qui se jette d'un immeuble...

 

*****

 

Difficile de raconter plus sans dévoiler tout le sel de roman qui contient certainement une bonne part d'autobiographie. Guillaume Guéraud est très fort pour nous faire revivre ses souvenirs cinématographiques. Même avec son regard d'aujourd'hui, il arrive à nous faire comprendre ce qu'il a ressenti à l'époque. C'est très réussi.

 

Côté style, j'ai retrouvé tout ce que j'aime dans ses romans. Beaucoup de réalisme, une pointe d'humour, une certaine violence, une certaine nostalgie et énormément de talent.

 

Au-delà de cet aspect, c'est le récit d'un passionné de cinéma, qui montre comment le septième art trouve des échos dans la vie réelle et l'influence. Ou comment Jennifer Jones devient une icône érotique pour un adolescent, comment la violence de Scarface guérit des tics, comment la Strada est le premier film à arracher des larmes.

 

Ces souvenirs, évoqués en quelques pages, sont étonnamment puissants. J'ai été vraiment touché par tous ces épisodes d'une vie passée et pas tellement éloignée. Guillaume Guéraud donne envie de découvrir les films qu'il cite, parce qu'on sent qu'ils ont quelque chose de particulier. Et que, bien à l'intérieur de moi, j'espère qu'ils me toucheront autant que lui.

 

Guillaume Guéraud montre aussi autre chose. Ce qui compte finalement, ce n'est pas à quel âge on voit un film, mais avec qui, ce qu'il laisse dans son esprit et comment il fait écho à notre vie.

 

Les avis de Gaëlle et Ulaz.

 

Sans la télé / Guillaume Guéraud. - Ed. du Rouergue, 2010. - Collection DoAdo.

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 17:58

american darling banks Hannah Musgrave a 59 ans quand elle décide de retourner en Afrique pour savoir ce que sont devenus ses fils. Cette fermière, qui vit seule entourée de ses employées, a en effet derrière elle une vie bien remplie, qu’elle s’emploie à dissimuler.

 

Dans les années 1970, bien qu’issue d’une famille aisée et fille d’un psychologue pour enfant très connu, Hannah était une révolutionnaire. Elle a fait partie de The Weather Underground, un groupe projetant de réaliser des attentats sur le sol des Etats-Unis. Repérée et condamnée par contumace, elle finira par trouver refuge en Afrique, poussée par son ami Zack. Elle atterrira d’abord au Ghana, puis elle finira par tenter de reconstruire sa vie seule au Liberia.

 

Ce petit pays est peu connu. Sa création date du XIXème siècle. Après l’abolition de l’esclavage aux Etats-Unis, ce bout de terre a été “offert” aux anciens esclaves pour qu’ils retournent en Afrique, avec tous les problèmes que cela peut entraîner.

 

Hannah est d’abord recrutée par un laboratoire américain. Son travail consiste à réaliser des tests sur des chimpanzés, dont elle envoie les résultats aux Etats-Unis. Ce sera son premier contact avec ses “rêveurs”. Elle finira même par créé un centre d’accueil pour ces êtres qui la fascinent, mais qui au Liberia constituent une nourriture rare et appréciée.

C’est aussi par ce travail qu’elle rencontrera le Docteur Woodrow Sundiata, petit ministre promis à un  avenir politique, qui deviendra son mari et le père de ses trois enfants. Elle vivra des moments heureux avec lui, ainsi que des moments de grande incompréhension. Car si Hannah représente son côté “occidental”, il reste fortement attaché à son clan et à ses traditions.

 

Malgré tout leurs efforts pour être heureux, Hannah et sa famille seront rattrapées par l’Histoire. Et celle du Liberia passe par de grands moments de chaos et de violence…

 

*****

 

Il est difficile de résumer ce roman sans en affadir le contenu. Russel Banks a écrit là une œuvre de haut vol, qui place au cœur d’évènements réels et fictifs une héroïne passionnante.

 

Hannah est en effet un personnage comme on en voit rarement. Complexe et ambigüe, elle est difficile à saisir.

Une fois, elle sera révolutionnaire prête à mettre la société à terre, alors qu’au Liberia, elle sera femme bourgeoise et mère de famille. Elle se laissera porter par les évènements, comme elle insistera auprès du président libérien pour obtenir son centre de protection des chimpanzés. Autant elle laissera ses enfants aux mains de la femme de service, autant elle veillera à ce qu’ils grandissent bien. Froide voire glaciale par moment, elle apportera un soutien sans faille à son mari.

Cette complexité viendra aussi du fait que sa dureté envers le genre humain est compensée par un respect profond pour les chimpanzés.

Ce personnage, qui pourrait être si antipathique, ne peut laisser indifférent. Pour ma part, elle m’inspire même une certaine sympathie par son engagement total dans des causes, son honnêteté envers elle-même et la compassion qu’elle inspire.

 

Ce roman de Russel Banks est aussi un témoignage sur une partie de l’histoire de Etats-Unis, mais surtout sur celle du Liberia. Ce pays, né en 1822, fondée sur une idée qui peut paraître généreuse, a aussi été le premier d’Afrique à obtenir son indépendance en 1847. Pourtant, c’est un pays en proie à la violence, à la ségrégation et à la domination étrangère. C’est une période trouble de son histoire que nous fait découvrir Russel Banks, où les meurtres, les viols et les pillages ont été commis en grands nombres.

Il est triste de constater qu’aujourd’hui, on en entend parler uniquement quand Naomi Campbell vient témoigner au procès de Charles Taylor (qu’Hannah rencontre d’ailleurs) au sujet des Diamants de sang.

 

Quand la fiction raconte de tels évènements, à travers le regard d’un personnage fascinant, je crois que l’on peut parler d’une grande réussite. Et dans tous les cas, American Darling interpellera forcément le lecteur.

 

Plein d’autres avis sur Blog-O-Book.

 

American Darling / Russell Banks ; trad. de l’américain par Pierre Furlan. – Actes Sud, 2005.

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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 17:36

hello-monsieur-hulot-david-merveille.gif

 

David Merveille porte vraiment bien son nom. Car dans cet album mettant en scène le personnage de Jacques Tati, il nous offre un moment de pur bonheur.

 

C'est d'abord un très beau livre, en format à l'italienne. 22 strips sans paroles se trouvent à l'intérieur, de 2 pages chacun. La chute de chaque histoire occupe une pleine page. Cela permet de bien voir et de savourer le trait de David Merveille. Entre ligne claire et modernité, il permet de recréer toute l'ambiance du Paris des années 1960, grâce à une multitude de petits détails.

 

Quant aux histoires en elles-mêmes, elles sont tout simplement succulentes. Entre poésie et humour, elles font la part belle à Monsieur Hulot. Ce personnage, qui paraît trop grand avec son pantalon trop court, traverse la vie en l'égayant. Il nous emmène à travers des balades enchantées, d'où il fait sortir du merveilleux du quotidien : un passage piéton devient un saut d'obstacle, un salon de thé un saloon, la rue une zone pour une bataille de boules de neige...

 

J'ai vraiment pris plaisir à découvrir les aventure de monsieur Hulot. Il faut bien observer pour comprendre certaines chutes. Mais cette observation est un vrai plaisir car elle permet d'apprécier réellement l'illustration. Et quand on comprend, on est tout ébloui par la poésie qui se dégage. Je pense que petits et grands peuvent y trouver leur compte, et parcourir ce livre ensemble doit être un vrai plaisir.

 

Personnellement, si je connaissais le monde de Jacques Tati et de monsieur Hulot, ce n'était que par quelques extraits et le film L'illusionniste de Sylvain Chomet. La lecture de cet album m'a donné envie d'en découvrir plus. Alors j'ai réservé à ma bibliothèque le DVD des Vacances de monsieur Hulot. Il me semble que cet album est une bonne entrée dans l'univers de Jacques Tati ou servira à le prolonger.

 

 

Merci beaucoup à Babelio et aux éditions du Rouergue qui m'ont permis de découvrir ce livre dans le programme de Masse Critique !

 

Clarabel a bien aimé aussi.

 

Le blog de David Merveille et le site des éditions du Rouergue.

 

hello-monsieur-hulot.jpg

 

Hello monsieur Hulot / David Merveille, d'après Jacques Tati. - Ed. du Rouergue, 2010.

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 17:53

Moi-moche-et-mechant.jpgGru est un méchant, un vrai. Il a déjà commis plusieurs larcins avec ses acolytes les minions, petits bonhommes verts, mélange de lapins crétins et de Scrat. Seulement voilà : des méchants plus jeunes et plus imaginatifs arrivent sur le marché du travail. Gru sort alors son plan démoniaque : voler la Lune !

 

Comme tout bon méchant qui se respecte, il a besoin de fonds. Il se dirige donc vers la Banque du Diable (ex-Lehman Brothers) pour obtenir un prêt. Hélas, celui-ci est conditionné au vol par Gru d’un pistolet réducteur.

 

Si notre méchant préféré réussi son vol, il sera lui-même volé par Vector, un de ces nouveaux jeunes méchants. Et il faut avouer que malgré son look ringard, il habite dans une forteresse inviolable.

 

Totalement inviolable ? Non ! Car trois fillettes orphelines, qui vendent des cookies, arrivent à y pénétrer sans problème. Méchant jusqu’au fond de son âme, Gru a alors une idée : adopter les trois fillettes pour faire pénétrer à leur insu chez Vector des robots-cookies qui l’aideront à récupérer son bien.

 

Ce qu’il ignore, c’est que les trois orphelines vont bousculer ses habitudes et son cœur de vieux garçon.

 

*****

 

Hilarant d’un bout à l’autre, ce film est vraiment une bonne surprise. Non pas que j’y allais à reculons : les critiques étaient plutôt bonnes. Mais alors, ça fait vraiment longtemps que je n’ai pas autant rigolé.

 

Les gags fusent d’un bout à l’autre. Il faut reconnaître que certains sont faciles et que d’autres perdent à la traduction. La plupart sont cependant tellement déjantés qu’il est impossible de sourire au minimum. Ce qui fait qu’il y en a pour tous les goûts et tous les âges.

 

Le succès doit beaucoup aux minions, créatures inidentifiables, au débit de parole ultra-rapide et à la voix aigue. Ils sont à la fois mignons et complètement barrés, ce qui les rend irrésistibles. D’ailleurs, il est prévu de leur faire vivre leurs propres aventures.

 

Bon, il n’y a qu’une chose qui m’a énervé. C’est le fait de devoir payer un supplément pour la 3D. Il est vrai que les images sont belles vues comme ça, mais bon, ça n’apporte pas grand chose à l’histoire.

 

Un vrai coup de cœur pour ce film très très drôle, où ceux qui aiment aussi les scènes d’actions et les scènes émouvantes ne seront pas oubliés.

 

La fiche du film sur AlloCiné.

 

 

 

 
Moi, moche et méchant de Pierre Coffin et Chris Renaud ; avec la voix française de Gad Elmaleh. – Universal Pictures, 2010.

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 10:35

murder-party-agnes-laroche.jpgPour son anniversaire, Max a bien envie d'inviter Marguerite, pour qui il a le bégain. Sauf que depuis le début, à cause de sa timidité, il commet gaffe sur gaffe auprès de la jeune fille. Résultat, elle ne l'apprécie pas, alors qu'il est obligé de porter son sac. Marguerite souffre en effet d'un handicap qui l'oblige à se déplacer avec des béquilles.

C'est son grand frère Noé qui va lui fournir une bonne occasion : organiser lors de cette soirée une "murder party". Un de ses camarades jouera le rôle du mort, et les invités interpréteront chacun un personnage. Au commencement, tout se déroule pour le mieux, d'autant que Max fait équipe avec Marguerite. Jusqu'au moment où tout bascule : le corps qu'il trouve est un vrai corps. Les adolescents sont alors enlevés par l'agresseur...

*****


Murder party est un roman policier plein de qualités, qui m'a offert un agréable moment de lecture.

Tout d'abord, on est amusé par Max qui raconte l'histoire. On comprend pourquoi sa maladresse et sa timidité peuvent apparaître comme des preuves d'hostilité auprès de Marguerite. Alors qu'à l'intérieur, c'est tout le contraire : un amour naissant pour cette jeune fille mystérieuse et solitaire.

Après la découverte du corps, le récit bascule dans le policier, avec un enlèvement et la recherche d'un moyen d'évasion. L'action est menée tambour battant, et on se demande comment les jeunes gens vont s'en sortir.

C'est donc un livre à conseiller, qui devrait plaire aux garçons (mais pas que !).

 

Le blog d'Agnès Laroche.

 

Murder party / Agnès Laroche. - Rageot, 2010. - (Heure noire).

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